Après le décès d'un lycéen de 15 ans, lors d'un stage en entreprise, le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray a évoqué jeudi des évolutions dans ces stages à destination des élèves de troisièmes et de secondes.
"Protéger" les élèves sans les "priver de cette opportunité" : le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray a évoqué jeudi des évolutions pour les stages en entreprise des élèves de troisième et de seconde, quelques jours après la mort d'un lycéen. Un élève de 15 ans d'un lycée professionnel du Gard est décédé vendredi dernier écrasé par un chariot élévateur sur son lieu de stage d'observation dans une entreprise de BTP.
Pas de remise en cause des stages
Depuis 2005, les collégiens de troisième doivent effectuer cinq jours de stage en entreprise, et les lycéens de seconde générale et technologique ont un stage de deux semaines obligatoire depuis 2024.
"On ne remet pas en cause le principe même des stages, parce que c'est aujourd'hui un élément déterminant d'égalité des chances pour faire découvrir des métiers à des jeunes qui, sinon, ne les découvriraient pas et n'auraient pas les mêmes opportunités que les autres", a déclaré Edouard Geffray sur Ici Gironde.
Mais il a rappelé le cadre des stages d'observation : "on observe, on ne fait pas un geste professionnel, on ne conduit pas une machine évidemment, et cetera".
Des modifications envisagées par le gouvernement
Edouard Geffray a confirmé que le gouvernement envisageait des modifications pour les stages en entreprise des collégiens de troisième et des lycéens de seconde, dans le sillage d'aménagements évoqués mercredi soir dans plusieurs médias du côté de la ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage, Sabrina Roubache.
"Plutôt que de faire forcément un stage de 15 jours (...) dans la même entreprise, on réfléchit avec les fédérations professionnelles à faire en sorte que les élèves puissent effectuer des stages dans, peut-être, deux ou trois entreprises, de manière plus ponctuelle", a expliqué le ministre de l'Education.
De précédents "accidents tragiques"
Une telle configuration "limite l'impact pour l'entreprise et (...) permet aux élèves d'observer plus de métiers différents", selon lui. "Cela n'enlève rien au drame de la semaine dernière, qui nous a tous évidemment profondément bouleversés", a assuré le ministre, "mais il faut qu'on s'assure que toutes les règles sont bien respectées pour protéger nos élèves, sans les priver de cette opportunité."
En juin dernier, le syndicat CGT de l'Education nationale avait dénoncé une série d'"accidents tragiques" ayant coûté la vie coup sur coup à trois adolescents en formation en entreprises, jugeant qu'"avec l'explosion des périodes de stage, les jeunes sont de plus en plus exposés aux dangers sans y être préparés"