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Moyen-Orient, prix des carburants... Face à l'incertitude économique, les patrons «font le dos rond» et gèlent les recrutements

[Pexels]

Face au conflit en Iran, à l'explosion des prix des matières premiers et à la crainte d'une crise économique majeure, les entreprises sont nombreuses à décider de geler leurs investissements et recrutement pour le moment. Une politique qui pourrait durer jusqu'au début de l'année prochaine si la situation au Moyen-Orient s'enlise.

La guerre en Iran inquiète les entreprises. Face à la prolongation du conflit, de plus en plus de sociétés sont confrontées à une crise économique d'ampleur. Une période d'inquiétude et d'incertitude qui conduit déjà les dirigeants à se réfugier dans une politique attentiste. 

C'est le cas de Romain Costes qui dirige Centrale Directe, une entreprise de 12 salariés qui fabrique des peintures industrielles. Depuis le début de la guerre en Iran, les matières premières qu'il utilise ont vu leur prix exploser. Il lui faut donc d'abord maintenir la société à flot avant de penser à recruter

"Nous on a besoin de certitudes pour investir sur des gens"

"Je voulais développer des projets et compléter l'équipe commerciale. J'ai donc mis des annonces et je ne les ai pas enlevées. Mais dans le fond, il y a une incertitude : est-ce que j'y vais? Est-ce que ça vaut le coup? Est-ce que je prends le risque d'embaucher compte-tenu du contexte économique, notamment international?", se questionne-t-il au micro d'Europe 1. 

Idem pour Fabien Fayard, patron de Tecofi, 250 salariés, dans la robinetterie industrielle. Pour les embauches, "on verra plus tard", dit-il. "On a besoin de certitudes pour investir sur des gens. Or, avec le contexte international e le manque de visibilité, on fait beaucoup plus attention à chaque embauche. Ce qui nous freine, c'est l'accumulation de toutes ces incertitudes géopolitiques. Donc, je me vois mal engager des embauches sur deux-trois ans", confie-t-il. 

Pas de redémarrage avant 2027 ?

Une tendance à l'attentisme qui est assez générale chez les patrons, estime Louis Brunet-Lecomte consultant en recrutement. "Ils font le dos rond", résume le consultant. "Il y a une incertitude, pour les PME notamment, sur le résultat en prévisible de la fin d'année. Et donc, plutôt que d'embaucher maintenant, ils préfèrent repousser à septembre-octobre. Beaucoup de choses sont en stand by", analyse-t-il. 

Un redémarrage qui, selon ces professionnels, pourrait même devoir attendre début 2027, pour peu que le conflit au Moyen-Orient soit réglé d'ici là.