Face à la volonté affichée de Gérald Darmanin d'en finir avec la surpopulation carcérale, sans passer par la case construction de prison, Pierre-Marie Sève fustige une "solution de facilité". D'autant que "l'insécurité augmente" dans le pays, fait-il valoir dans "Christine Kelly et vous".
Un numerus clausus dans les prisons ? Avec un taux de surpopulation de 137,5%, les prisons françaises débordent. Alors pour remédier à la situation, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, veut mettre en place un dispositif ad hoc. Processus qui prendrait la forme "d'objectifs clairs de numerus clausus gradués, dans les maisons d’arrêt".
Une décision qui pourrait donc mener à la libération d'un prisonnier, pour en faire entrer un autre, au-delà d'un certain taux d'occupation d'une prison.
"C'est une solution de facilité qui, je le crains, poussera le gouvernement, surtout dans un contexte budgétaire réduit, à ne jamais construire les places de prison dont nous avons besoin", pointe dans Christine Kelly et vous, Pierre-Marie Sève, le directeur de l'Institut pour la Justice.
Une façon de ne jamais construire de places de prison supplémentaires ?
"L'insécurité augmente, c'est tout sauf le moment de libérer plus facilement des détenus. C'est le moment où il faut envoyer un message de dissuasion à l'égard de tous les criminels et les délinquants, et ça ne peut pas passer par une possibilité potentielle de sortir avant la fin de la peine de prison."
D'autant qu'"il y a déjà plein de possibilités de sortir", appuie l'expert. "Là, c'est en rajouter une par-dessus l'ensemble qui fait que dans tous les cas, on ne décide plus de mettre les gens en prison en fonction des crimes qu'ils ont commis ou de leur dangerosité, mais en fonction du nombre de places que nous avons. C'est scandaleux."