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Détroit d’Ormuz : la pression américaine ravive les tensions avec l’Iran

Le régime islamique menace de bloquer un autre axe stratégique majeur pour le trafic maritime mondial : le détroit de Bab el-Mandeb, porte d’entrée de la mer Rouge. [Bakr ALkasem / AFP]

Une semaine après le cessez-le-feu en Iran, les tensions restent vives autour du détroit d’Ormuz, sous pression américaine. Tandis que la diplomatie tente de reprendre, Téhéran durcit ses positions et menace d’autres axes maritimes stratégiques, sur fond de négociations encore fragiles.

Une semaine après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en Iran, les tensions se concentrent autour du détroit d’Ormuz, toujours soumis à un barrage filtrant mis en place par l’armée américaine pour asphyxier l’économie iranienne. D’un côté, cette pression maximale, et de l’autre, une porte qui reste ouverte à la diplomatie.

Vers une deuxième session de négociation ?

Même après l’échec du premier round de pourparlers entre Iraniens et Américains le week-end dernier, les négociations pourraient reprendre au Pakistan, peut-être même dès cette semaine. La Maison-Blanche confirme ce mercredi soir être en train de discuter d’une deuxième session de négociation avec l’Iran.

En coulisses, les tractations diplomatiques ne se sont en réalité jamais arrêtées. Le Pakistan reste à la manœuvre dans son rôle de médiateur. Des responsables pakistanais sont actuellement en Iran pour échanger avec le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi.

Le régime de Téhéran se dit ouvert aux négociations tout en renouvellant ses menaces contre les États-Unis. La dernière en date vient de Mohsen Rezaï, conseiller du Guide Suprême, Mojtaba Khamenei. Il appelle à couler les navires américains dans le détroit d'Ormuz si les États-Unis persistent à maintenir le blocus à proximité du golfe d'Oman. 

Un autre détroit menacé de blocus

Téhéran campe toujours sur ses exigences concernant le développement de son programme nucléaire civil, mais se dit dans le même temps ouvert à des discussions sur le niveau d’enrichissement de son uranium, une position plus modérée que le week-end dernier. Alors, peut-on y voir les conséquences de la pression maximale exercée par le blocus américain dans le détroit d’Ormuz ?

Celui-ci pousse en tout cas l’Iran dans ses retranchements en l’étouffant économiquement. Dans ce contexte, le régime islamique menace désormais de bloquer un autre axe stratégique majeur pour le trafic maritime mondial : le détroit de Bab el-Mandeb, porte d’entrée de la mer Rouge où transite 15% du commerce maritime mondial.

"C'est plutôt un aveu de faiblesse de la part de Téhéran. Ça confirmerait que le blocus qui est mis en place sur le détroit d'Ormuz fonctionne. Ce qui pousserait Téhéran à menacer d'un verrouillage de l'autre détroit, faute de pouvoir faire sortir ses propres bateaux via Ormuz. Cela veut dire qu'il y a 1,5 million de barils par jour qui ne sortent plus, ce qui représente à peu près 280 millions de dollars", analyse David Rigoulet-Roze.

Un levier qu’il pourrait activer par l’intermédiaire de ses alliés, les rebelles houthis. Ces menaces font planer l’ombre d’un embrasement plus global encore du conflit. La pression internationale s’accentue donc pour que Washington et Téhéran reviennent à la table des négociations. La Chine, puissante alliée de Téhéran, souffre déjà de la paralysie du détroit d'Ormuz et appelle à un cessez-le-feu global et durable. Pour l’instant, celui-ci n’est que provisoire, prévu pour encore une semaine.