Affirmant pourtant que les négociations au Pakistan s'étaient bien passées, Donald Trump à annoncé dimanche 12 avril un blocus naval américain du détroit d'Ormuz. La cause : l'Iran, refusant d'abandonner ses ambitions nucléaires lors des négociations à Islamabad.
Donald Trump a annoncé dimanche un blocus naval américain du détroit d'Ormuz, en réponse au refus "intransigeant" de l'Iran d'abandonner ses ambitions nucléaires lors des négociations à Islamabad ce week-end.
Tout en estimant que les discussions au Pakistan s'étaient "bien" passées et que "la plupart des points avaient fait l'objet d'un accord", le président américain a affirmé sur sa plateforme "Truth Social" que Téhéran avait refusé tout compromis sur la question nucléaire.
"La marine américaine entamera le processus de BLOCUS"
"À compter de maintenant, la marine américaine, la meilleure au monde, entamera le processus de BLOCUS de tous les navires tentant d'entrer ou de sortir du détroit d'Ormuz", a-t-il écrit à propos de la voie maritime stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole brut mondial et située entre l'Iran et le Sultanat d'Oman.
Dans deux longs messages, le président américain a averti : "Tout Iranien qui nous tire dessus, ou qui tire sur des navires pacifiques, sera PULVÉRISÉ !", laissant entendre que "d'autres pays" seraient impliqués dans l'effort de blocus, sans toutefois les nommer.
La trêve fébrile ?
Cette annonce intervient alors que les négociations menées à Islamabad entre les Etats-Unis et l'Iran ont échoué dimanche, laissant planer un doute sur le respect de la trêve de deux semaines actuellement en cours.
"Cette déclaration de Donald Trump met une pression encore plus forte sur l'Iran. La Chine dépend pour 15 ou 16% du pétrole iranien et il va y avoir des réactions. La Chine pourrait réagir en mettant la pression sur l'Iran", a déclaré Christophe Gomart, ancien directeur du renseignement militaire à Europe 1.
"Toutefois, cela paraît difficile physiquement parlant, c'est compliqué de bloquer un bateau si ce n'est en ayant une collision avec lui ou en tirant dessus et je ne suis pas certain que les Américains fassent cela", a ajouté Christophe Gomart.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui menait la délégation iranienne, a pour sa part critiqué sur X les Etats-Unis "incapables" selon lui de gagner la confiance de l'Iran lors des discussions.
Les tensions ne sont pas apaisées
Samedi, l'armée américaine avait annoncé que deux navires de guerre américains avaient franchi le détroit d'Ormuz, marquant le début d'une opération de déminage. Des affirmations démenties par Téhéran.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, avaient ensuite menacé d'agir "sévèrement" contre tout navire militaire transitant par le détroit.