L'"intransigeance" de l'Etat à l'égard des réseaux de proxénétisme reste "absolue", assure la ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes Aurore Bergé. Il y a 10 ans, la loi du 13 avril 2016 avait notamment abrogé le délit de racolage et l'avait remplacé par la pénalisation des clients.
Dix ans après la loi de 2016 contre le système prostitutionnel, l'"intransigeance" de l'Etat à l'égard des réseaux de proxénétisme reste "absolue", assure la ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes Aurore Bergé. Adoptée après d'intenses débats, la loi du 13 avril 2016 avait notamment abrogé le délit de racolage et l'avait remplacé par la pénalisation des clients.
En dix ans, "on a mis beaucoup d'énergie, de moyens humains, budgétaires, de changements législatifs, réglementaires" pour lutter "contre le système prostitutionnel, souligne auprès de l'AFP Aurore Bergé, à quelques jours d'un comité interministériel organisé lundi sur la question.
"Plus de 220 contrôles" en 2025
"Notre ligne est très claire : les personnes en situation de prostitution sont des victimes à protéger, ceux dont on veut rechercher la responsabilité, ce sont les clients et les proxénètes qui doivent être condamnés", ajoute-t-elle. Sur ce point, le gouvernement "agit", assure Aurore Bergé, en retirant notamment le titre de séjour à ceux qui tiennent les réseaux et qui sont en situation irrégulière ou en renforçant les contrôles des faux salons de massage, notamment à Paris.
"En 2025, on a plus de 220 contrôles qui ont été réalisés et déjà une vingtaine de procédures judiciaires engagées", indique-t-elle. Selon les chiffres publiés vendredi par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof), la verbalisation des clients reste toutefois faible, avec seulement 1.442 contraventions dressées en 2025.
Des réseaux de proxénétisme et de trafic de drogue sont souvent "imbriqués"
Un "axe d'amélioration" existe, reconnaît Aurore Bergé, sur la priorisation de ces affaires par les forces de sécurité, d'autant plus que les réseaux de proxénétisme et les réseaux de trafic de drogue sont souvent "imbriqués".
Pour la ministre, la "prostitution véhicule de tels niveaux de stéréotypes et de préjugés sur la domination, sur la violence, sur la capacité qu'on a à acheter ou dominer le corps de l'autre, que ça irrigue la société sur les rapports humains, sur les rapports sociaux, sur les rapports sexuels aussi".
"C'est d'autant plus important" de poursuivre la lutte contre la prostitution "quand on voit malheureusement dans les jeunes générations le reflux qu'il y a sur les questions d'égalité et sur les questions de violence", analyse-t-elle. En 2026, 7,5 millions d'euros seront consacrés à la lutte contre la prostitution, contre 3,3 millions en 2019, selon son ministère.