Alors que le cessez-le-feu est entré en vigueur depuis un peu plus de 48 heures, son maintien est encore loin d'être assuré. Les dissensions entre l'Iran et les États-Unis ne cessent de fragiliser l'accord, alors qu'une réunion entre les deux pays est prévue ce samedi au Pakistan pour négocier un plan de paix.
"Le cessez-le-feu est fragile, j'espère qu'ils prendront la bonne décision", a averti le vice-président américain J.D. Vance, quelques heures après l'annonce de l'accord entre les États-Unis et l'Iran. C'est lui qui sera en première ligne vendredi 10 avril au Pakistan pour négocier un véritable plan de paix.
Rejet de plusieurs demandes iraniennes
Encore faut-il que la trêve tienne d'ici là. C'est donc des discussions tendues qui s'annoncent, tant les points de désaccord sont nombreux. Et Donald Trump a d'ores et déjà rejeté plusieurs demandes iraniennes.
Tout d'abord, "il n'y aura plus d'enrichissement d'uranium en Iran", affirme le président américain. Le nucléaire, sujet central et surtout très sensible des négociations, comme l'explique le chercheur David Rigoulet-Roze.
"C'est la ligne rouge pour les Américains", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Autrement, l'opération qui a été lancée n'aurait aucun sens. C'est le fond du problème avec le balistique - pour les Américains, encore plus le nucléaire que le balistique. On ne voit pas très bien comment il pourrait y avoir un compromis là-dessus", conclut-il.
Les États-Unis réclament le stock de 440 kilos d'uranium enrichi, qui seraient enfouis quelque part en Iran, sans quoi le cessez-le-feu pourrait voler en éclats. Les discussions porteront aussi sur le détroit d'Ormuz.
S'il est aujourd'hui ouvert, Téhéran en exige le plein contrôle avec la mise en place d'un droit de passage sur les navires qui l'empruntent. Mais tout cela reste bien flou, depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, Téhéran et Washington se livrant à une bataille de récits.
"Il y a un jeu de dupes potentiel sous-jacent. Chacun cherche à faire prévaloir médiatiquement sa version, pour déconsidérer la partie adverse, mais le problème de fond reste entier", ajoute David Rigoulet-Roze.
Pour l'Iran, c'est son plan en dix points qui sert de base aux négociations, ce que semblait confirmer un temps Donald Trump, mais un haut responsable de la Maison-Blanche affirme désormais que les États-Unis travailleraient sur un autre document.