Sophie Coste a présenté ce jeudi dans "Culture médias", "Chérie", son premier roman publié aux éditions Mazarine, inspiré de son expérience personnelle. Elle y décrypte les mécanismes de l’emprise psychologique et du pervers narcissique, qu’elle décrit comme un individu qui "vampirise" l’autre pour combler un profond vide intérieur.
Pris dans un piège invisible. Invitée dans l’émission Culture Médias, Sophie Coste est venue présenter son premier roman Chérie, publié aux éditions Mazarine. Un ouvrage psychologique, dans lequel elle explore les mécanismes de l’emprise et des relations toxiques, largement inspirés de son vécu.
Avec Chérie, Sophie Coste apporte une analyse des relations dominées par un pervers narcissique qu’elle a elle-même vécu. À travers son récit, elle met en lumière un trouble de la personnalité encore mal compris, mais pourtant très présent dans nos sociétés.
Lors de son intervention, elle a tenu à déconstruire certaines idées reçues. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le pervers narcissique ne cherche pas à quitter sa victime, bien au contraire, il la consume à petit feu. "Le pervers narcissique ne quitte pas parce que vous êtes son essence, son oxygène, sa nourriture. Il vampirise", a-t-elle expliqué.
Le mécanisme de "vampirisation"
Selon Sophie Coste, le fonctionnement du pervers narcissique repose sur ce qu’elle décrit comme une forme de "vampirisation". L’individu va puiser chez l’autre ce qu’il ne possède pas lui-même à savoir joie, empathie, lumière, stabilité, tout ce qui vous est bénéfique.
Le pervers narcissique possède d’apparence une grande confiance en soi, mais en réalité, une très faible estime personnelle. "Ils ont l’air très sûrs d’eux, mais au fond, ils ne s’aiment pas", a-t-elle rendu compte. Les victimes sont souvent des personnes "équilibrées, indépendantes, lumineuses" car riches de qualités à absorber puis à détruire. Dans cette dynamique, la destruction de l’autre devient centrale. Comme le raconte Sophie Coste, certains propos l’ont marqué : "Ta joie m’insupporte", lui a-t-on déjà dit.
L’un des aspects les plus marquants de ce type de relation est l’emprise psychologique. Celle-ci s’installe progressivement, créant une confusion constante chez la victime avec des promesses non tenues, des come-backs incessants, un doute permanent, une dépendance affective. "On est sous emprise, totalement", a constaté Sophie Coste.
Ce ne sont pas les violences psychologiques qui ont poussé Sophie Coste à partir. Humiliations, rabaissements… tout cela était devenu presque "normalisé" dans son esprit. Les infidélités ont constitué son point de rupture. Un repère clair, un "radar" personnel qui lui a permis de reprendre pied dans une réalité plus saine. "Quand on aime, on ne trompe pas", a-t-elle déploré.