Tensions, accusations et règlements de comptes ont marqué les dernières auditions de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public mardi dernier. Le point, entre les révélations de Jacques Cardoze, les critiques de Patrick Sébastien et la défense appuyée de Michel Drucker.
De l'eau dans le gaz. La commission d’enquête sur l’audiovisuel public a connu, ces derniers jours, une séquence particulièrement animée. Avec les auditions de Michel Drucker, Patrick Sébastien et Jacques Cardoze, les échanges ont pris une tournure parfois explosive.
L'heure des révélations a sonné
Premier à faire sensation, Jacques Cardoze, ancien présentateur et rédacteur en chef de Complément d’enquête, a livré un témoignage particulièrement marquant. Sous serment, il a affirmé qu’une consigne explicite avait été donnée lors de la préparation d’un numéro consacré à Jordan Bardella en 2024.
Selon lui, le rédacteur en chef de l’époque, Hugo Plagnard, aurait indiqué qu’il ne fallait "pas rater" cette enquête, laissant entendre une forme de pression éditoriale. "L'une des émissions dont j'ai parlé, j'ai assisté aux discussions, c'était une enquête sur Jordan Bardella. L'enquête sur Jordan Bardella, le rédacteur en chef a dit devant moi, 'celle-là, et je m'en suis entretenu avec la direction, je n'ai pas le droit de la rater'. Sous-entendu, on peut faire des enquêtes sur certains hommes politiques, et puis sur d'autres, il ne faut pas la rater. Il avait pour mission de ne pas la rater, oui, je vous le dis, et en plus c'est quelqu'un que vous avez auditionné", a-t-il raconté. La présidente du groupe, Delphine Ernotte, devrait être attendue au tournant lors de sa prochaine audition prévue ce mercredi.
Patrick Sébastien, à son tour, n’a pas mâché ses mots. L’ancien animateur s’en est directement pris à Delphine Ernotte, accusant la direction d’avoir orchestré un numéro de Complément d’enquête le concernant. Face au rapporteur Charles Alloncle, il a dénoncé une émission "à charge", truffée selon lui de "fausses informations". Il a également évoqué des difficultés récurrentes à être invité sur le service public, malgré la sortie de ses ouvrages.
Michel Drucker prend la défense du service public
De son côté, Michel Drucker a tenu à défendre l’institution à laquelle il est fidèle depuis de longues années. L’animateur de Vivement Dimanche a regretté que les débats se concentrent essentiellement sur les polémiques, au détriment de la mission de service public. "On n’a pas entendu parler ni de public ni de service", a-t-il déploré. Il a également rejeté l’idée selon laquelle l’audiovisuel public gaspillerait l’argent des contribuables.
La commission poursuit ses travaux dans un climat toujours aussi scruté. Ce mercredi, c’est Nagui qui doit être entendu par les députés à partir de 14h30.