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Allemagne : un nouveau procès s'ouvre pour complot visant à renverser le gouvernement

Drapeau de l'Allemagne (Illustration). [Michael Nguyen / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Trois hommes, soupçonnés d'avoir soutenu le groupe autobaptisé "Patriotes unis", sont jugés en Allemagne à partir de ce mercredi. Ce groupe extrémiste allemand a été l'auteur d'un complot pour renverser le gouvernement et kidnapper un ministre.

Un nouveau procès s'ouvre mercredi à Munich en Allemagne concernant un groupe extrémiste allemand auteur d'un complot pour renverser le gouvernement et kidnapper un ministre. Trois hommes sont jugés, soupçonnés d'avoir soutenu le groupe autobaptisé "Patriotes unis".

Un groupe qui s'est radicalisé

Ce groupe adhère à l'idéologie des "Reichsbürger" - ces "Citoyens du Reich" opposés aux valeurs démocratiques et niant toute légitimité au gouvernement allemand - qui a connu un essor notable lors des restrictions imposées pendant la pandémie de Covid-19.

Le procès de Munich est l'un des nombreux procès visant actuellement des membres présumés du mouvement des Reichsbürger, dont les membres rêvent d'un retour au IIème Reich institué en 1871 qui a proclamé empereur le roi de Prusse Guillaume 1er.

Longtemps considérés comme des excentriques, ils se sont radicalisés ces dernières années et sont désormais perçus comme une menace croissante pour la sécurité.

La volonté d'instaurer un nouveau régime autoritaire

Quatre membres du groupe "Patriotes unis" ont été emprisonnés en mars 2025 pour avoir planifié de provoquer des conditions s'apparentant à une guerre civile en Allemagne par le biais de la violence, dans le but de s'emparer du pouvoir.

Le groupe, qualifié par les enquêteurs de "Kaiserreichsgruppe" ("Groupe impérial"), aurait eu pour objectif d'instaurer par la force un nouveau régime autoritaire allemand fondé sur l'ancienne Constitution impériale de 1871.

Ils ont également été reconnus coupables d'avoir comploté pour kidnapper Karl Lauterbach, alors ministre de la Santé, très impopulaire auprès des groupes d'extrême droite en raison de sa position concernant une prévention très stricte pour lutter contre le Covid-19.

Les hommes qui comparaissent mercredi, identifiés comme Achim M., 60 ans, Joachim K., 71 ans, et Rainer S., 62 ans, sont accusés d'avoir soutenu ces projets de coup d'Etat. Selon les procureurs, ces hommes avaient tous été pressentis pour occuper des postes de ministres dans un "Royaume de Prusse" rétabli après le renversement de l'actuelle république allemande.

Attaque de sabotage

L'an dernier, trois hommes et une femme membres de ce groupe ont été reconnus coupables dans ce complot et ont été condamnés à des peines de cinq ans et neuf mois à huit ans de prison.

Les "Patriotes unis" avaient concocté un plan en trois phases, commençant par un sabotage des installations électriques pour déclencher un "blackout", dans l'espoir de s'emparer du pouvoir dans le chaos qui s'ensuivrait, a indiqué la cour.

Deux autres personnes, un homme et une femme, ont également été emprisonnées en avril 2025 pour complicité dans ce complot. Selon l'agence fédérale de renseignement intérieur (BfV), l'Allemagne comptait environ 26.000 Reichsbürger en 2024, contre environ 25.000 en 2023.

Dans l'affaire la plus marquante à ce jour, un groupe de Reichsbürger dirigé par l'aristocrate et autoproclamé Heinrich XIII dit prince Reuss est actuellement jugé devant trois tribunaux distincts pour avoir comploté en vue de renverser le gouvernement. Outre Reuss, les accusés dans cette affaire comprennent un ancien officier de l'armée et un ancien député du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD).

En novembre, la police allemande a arrêté un homme vaguement lié au mouvement des Reichsbürger qui aurait lancé des appels en ligne sur le darknet pour tuer des personnalités politiques, notamment les anciens chanceliers Angela Merkel et Olaf Scholz.