Le marché du pétrole s'affole, alors que la guerre au Moyen-Orient s'enlise. L'Iran rejette le plan de paix américain et menace d'ouvrir un "nouveau front" dans le détroit clé de Bab el-Mandeb.
Les cours du pétrole montent ce jeudi, l'Iran rejetant les discussions avec Washington et menaçant selon une agence de presse iranienne d'ouvrir un "nouveau front" dans le détroit de Bab el-Mandeb, crucial pour l'accès à la mer Rouge et au canal de Suez.
Vers 10h30 GMT (11h30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, prenait 3,13% à 105,42 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 2,68% à 92,74 dollars.
Un autre détroit clé menacé
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé à la télévision d'État que l'Iran n'avait "pas l'intention de négocier" mais de "continuer à résister". Téhéran menace même d'ouvrir un "nouveau front" à Bab el-Mandeb, un autre détroit clé pour le trafic maritime. Il est le passage depuis l'Asie vers la mer Rouge et le canal de Suez.
Une perturbation du trafic maritime en mer Rouge "compliquerait la capacité de l'Arabie saoudite à exporter du pétrole via Yanbu, dont le volume a atteint environ 4 millions de barils par jour", soit environ 40% de la production d'avant-guerre du pays, affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Le port de Yanbu est en effet la principale voie de contournement pour les barils de pétrole bloqués par la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz. Le déficit d'offre par rapport à la demande risque de se faire ressentir de plus en plus fortement à mesure que la guerre se poursuit.
"Les raffineurs européens vont bientôt en faire les frais"
Jusqu'à présent "la réaction relativement modérée des prix a été possible parce que le marché est entré dans cette crise avec un système doté d'une importante réserve de sécurité. Mais cette réserve a disparu", alerte Paola Rodriguez-Masiu, analyste chez Rystad Energy.
Et les seuls pays qui possédaient la capacité d'augmenter rapidement leur production de manière significative sont justement les pays du Golfe qui ne peuvent désormais exporter qu'une fraction de leur production d'avant-guerre.
"Les raffineurs européens vont bientôt en faire les frais, car ils devront faire face à une concurrence de plus en plus vive de la part des acheteurs asiatiques", prévient Mme Rodriguez-Masiu.