La perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans a été requise mercredi à l'encontre de Mahfoud Hansali. Il est jugé pour le meurtre de Sihem, lycéenne de 18 ans.
La perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans a été requise mercredi à l'encontre de Mahfoud Hansali, jugé à Nîmes pour le meurtre de Sihem, qu'il a reconnu pour un motif que trois jours d'audience n'ont pas permis d'éclaircir. La cour s'est retirée pour délibérer et le verdict est attendu dans l'après-midi.
"Peut-on retenir une quelconque circonstance atténuante ? Vous répondrez non. Mérite-t-il de revoir un jour la liberté ? Vous répondrez non. Cette peine, cela s'appelle la réclusion criminelle à perpétuité, et vous n'oublierez pas de l'assortir de la période de sûreté maximale prévue par la loi", soit 22 ans dans ce cas, a lancé dans son réquisitoire l'avocat général, Stéphane Bertrand.
"Il mérite de rester dans la cellule où vous allez l'envoyer pour le reste de sa vie", a ajouté le représentant de l'accusation en s'adressant aux jurés de la cour d'assises du Gard. "Les peines maximales sont faites pour les individus de ce genre, il est hors de question d'avoir le bras qui tremble en les prononçant", a-t-il insisté.
"Il l'a étranglée"
Le cadavre de Sihem, lycéenne de 18 ans, avait été retrouvé vers 01H00 du matin le 2 février 2023, une semaine après sa disparition, au bord d'un chemin isolé des Salles-du-Gardon, village limitrophe de La Grand Combe (Gard), où elle vivait.
Ex-compagnon de sa cousine, l'accusé, un homme déjà condamné plusieurs fois, avait été rapidement soupçonné, en premier lieu par les proches de la lycéenne qui avaient mené une sorte d'enquête, allant jusqu'à l'interroger, fouiller son appartement et visiter les hôtels de Nîmes pour tenter de retrouver l'adolescente.
Placé en garde à vue, il avait fini par reconnaître avoir "tué la jeune fille dans le cadre d'une dispute liée à leur relation amoureuse", que Sihem aurait selon lui menacé de dévoiler au grand jour. L'accusé avait aussi indiqué aux enquêteurs où se trouvait son corps, à moitié dénudé.
"Bien qu'il dise l'avoir étouffée, il l'a étranglée, comme l'affirment de manière certaine les rapports d'expertise", a souligné Stéphane Bertrand dans son réquisitoire.
"rien appris de neuf"
Sur le mobile, "on n'a rien appris de neuf" depuis l'ouverture du procès lundi, a estimé le magistrat. "Deux thèses s'opposent : une espèce de plan, une arnaque où on voulait faire jouer un rôle à Sihem, qui aurait mal tourné. La seconde hypothèse, c'est une histoire sentimentale dont il n'aurait pas supporté qu'elle aille trop loin. Aucun élément ne permet de les départager", a souligné l'avocat général.
Alors, Stéphane Bertrand avance sa "petite idée", qui va dans le même sens que la partie civile, même si elle n'est pas démontrée par le dossier : "Pour moi, il a saisi la première occasion pour l'agresser sexuellement, elle a refusé, il a cogné, puis il l'a tuée. C'est pour ça qu'on la retrouve à moitié nue en forêt".
Dans sa plaidoirie, l'un des avocats de la défense, Me Florent De Saint-Julien, a qualifié de "n'importe quoi" cette troisième thèse: "Se réfugier dans la version d'un crime sexuel n'atténuera pas la souffrance. Dire qu'il y avait une relation entre eux n'atténuera pas non plus sa culpabilité, c'est simplement approcher de la vérité.
"Votre bras tombera, mais de manière modérée", a espéré son autre avocat, Jean-Marc Darrigade, en rappelant que l'accusé était passé aux aveux. Dans une très brève dernière prise de parole, resté tête basse toute la journée, a indiqué n'avoir rien à ajouter pour sa défense, "en dehors de ses sincères excuses".