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INFO EUROPE 1 – Des jardins de l’Élysée à la police financière : l’artiste Richard Orlinski visé par une nouvelle enquête

Richard Orlinski. [Frederic Dides / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Selon les informations d’Europe 1, le "sculpteur des stars", prisé à l’Elysée, fait l’objet depuis le début de l’année d’une nouvelle enquête préliminaire confiée à l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière. Une perquisition a été menée cet été, près d’un million d’euros a été saisi par la justice.

Derrière les platines le soir de la première victoire d’Emmanuel Macron en 2017, Richard Orlinski s’est régulièrement affiché aux côtés du couple présidentiel. Certaines de ses créations d’animaux laqués ont été exposées dans les jardins du palais de l’Elysée. Ce fut le cas notamment d’un grand loup rose offert par l’artiste.

Selon les informations d’Europe 1, le sculpteur français qui vend le plus au monde est à nouveau dans le viseur de la justice. Le parquet de Paris a ouvert en début d’année une enquête préliminaire concernant des faits de blanchiment en bande organisée et d’abus de biens sociaux. Les enquêteurs de l’office centrale pour la grande délinquance financière (OCRGDF) sont remontés jusqu’à lui initialement en démantelant la structure financière d’une organisation criminelle.

Selon une source proche du dossier, c’est en travaillant sur un blanchisseur de ce réseau criminel ayant blanchi près de 185 millions d’euros via de nombreuses sociétés éphémères, que les enquêteurs ont identifié des allers-retours qu’ils considèrent comme suspects entre les sociétés de Richard Orlinski et ce blanchisseur appartenant à son entourage.

Une autre enquête sur des cadeaux à Christian Estrosi

Les enquêteurs ont analysé six années de comptes budgétaires et identifié 5,5 millions d’euros, "transférés directement ou indirectement des sociétés de l’artiste vers celles du blanchisseur", selon une source proche du dossier. Dans le sens inverse, Richard Orlinski aurait racheté auprès du blanchisseur et "à vil prix", selon cette source, une société civile immobilière propriétaire de plusieurs biens immobiliser dans le 16e arrondissement de Paris, à Vincennes et Saint-Mandé (Val-de-Marne). Par ailleurs, il aurait reçu, ce qu’ils conteste, "en complément des espèces pour financer son train de vie".

Selon les informations d’Europe 1, une perquisition a été menée en juillet dernier aux sièges de six sociétés ainsi qu’au domicile parisien de l’artiste. Des documents comptables et des justificatifs ont été saisis, ainsi que 25.000 euros en espèces et douze montres de luxe évaluées à 880.000 euros.

Ce n’est pas la première fois que Richard Orlinski se retrouve dans le collimateur de la justice financière. En 2019, une enquête fiscale avait été ouverte par le parquet national financier (PNF) portant sur ses sociétés et son patrimoine immobilier après les accusations d’un ancien collaborateur. En 2024, une autre enquête a été ouverte par le PNF, portant sur des soupçons de corruption et de favoritisme. Les enquêteurs s’intéressaient aux statuettes phares de l’artiste, dont certaines sont évaluées à plusieurs milliers d’euros, offertes à l’ancien maire (Horizons) de Nice, Christian Estrosi, et la façon dont la ville et la métropole avaient accueilli ses œuvres. Deux enquêtes pour lesquelles l’artiste n’a jamais été mis en examen.

Jamais mis en examen ni condamné

Cette nouvelle enquête "porte sur des accusations calomnieuses et totalement infondées, qui sont très vivement contestées", expliquent à Europe 1 les avocats de l’artiste, Robin Binsard et Carole Olivia Montenot. "L’ensemble des flux financiers est justifié et régulier, l’acquisition du bien a été faite au prix du marché, l’usage des œuvres d’art est conforme à l’intérêt social, et la somme d’argent en numéraire provient de retraits justifiée", poursuivent-ils.

"C’est la troisième fois en cinq ans que Richard Orlinski est mis en cause par la Justice et dans la presse, sur la base d’informations inexactes et tronquées. Il n’a jamais été mis en examen, et encore moins condamné pour ces faits. Il a fourni l’ensemble des explications et justificatifs à la Justice et attend désormais sereinement le classement sans suite de cette procédure", concluent-ils.