Le coût des réparations automobiles a fortement augmenté ces dernières années. Selon une étude du SRA, il a bondi de 30% entre 2021 et 2025, sous l’effet de la hausse du prix des pièces, de la complexité technologique croissante des véhicules et du renchérissement de la main-d’œuvre.
Le coût de réparation des véhicules accidentés a bondi de 30% entre 2021 et 2025, à cause surtout de l'envol du prix des pièces, plus chères à remplacer, indique une étude du SRA, organisme affilié à la fédération France Assureurs.
Les réparations ont encore augmenté de 6% sur la seule année 2025, précise le SRA (Sécurité et réparation automobiles), qui a analysé 1,4 million de rapports d'expertise sur des collisions de véhicules en 2025 (voitures et utilitaires légers), qu'ils soient en circulation ou stationnés.
"On commence à avoir des dettes auprès de nos fournisseurs"
Un pare-chocs abîmé, un phare cassé et la facture grimpe vite. "On est passé de 500 euros maximum, une époque où on était encore sur le LED, à aujourd'hui 3.000 euros un phare. Sur un gros choc, on fait des avances de pièces, parfois de 5.000 euros. On commence à avoir des dettes auprès de nos fournisseurs", constate Diana dans sa carrosserie en région parisienne.
Cette hausse des coûts moyens, bien plus rapide que l'inflation, s'explique par la complexité technologique croissante des pièces automobiles, qu'il faut le plus souvent (à 72%) changer, car rarement réparables : pare-chocs et pare-brises bourrés de capteurs et de caméras, éclairages plus sophistiqués, électronique embarquée, hayons motorisés, etc. Le coût moyen de remplacement des pièces, qui représente la moitié du prix d'une réparation, a ainsi flambé de 33% en quatre ans.
"Le corollaire de tout ça, c'est l'augmentation du nombre d'heures de main-d'œuvre. Comme c'est plus technologique, il faut des formations parfois spécifiques, il faut des ouvriers plus qualifiés, et puis ça demande aussi plus de temps pour pouvoir faire les réparations sur les véhicules endommagés", explique Alexandre Stephan Haas, directeur de la Sécurité et Réparation Automobile (SRA).
Des besoins nouveaux en compétence et en outillage
Très peu de composants (6%) sont issus du réemploi, même si cette proportion a doublé depuis 2021. C'est encore plus flagrant pour les véhicules électriques, dont les réparations coûtent en moyenne 15% plus cher que la moyenne, pour cause de "matériaux spécifiques, pièces dédiées à l'électrification et contraintes opérationnelles renforcées", par exemple pour le diagnostic des pannes ou la réparation des batteries, hautement technique.
"La complexité des véhicules et de leurs pièces tant par les formes, les méthodes de fabrication, les matériaux utilisés et la multiplication des éléments électroniques réduit la réparabilité". De plus, celle-ci entraîne des besoins nouveaux en compétence et en outillage pour les réparateurs, souligne l'étude.
Près de 9 sinistres sur 10 donnent lieu à une réparation, contre 11% de véhicules irréparables. Autre facteur d'augmentation, le coût de la main d'œuvre qui s'est accru de 25% en quatre ans, relève le SRA. Le vieillissement constant du parc automobile, désormais de 12,3 ans en moyenne, contribue à la hausse. La France compte un parc roulant d'environ 42 millions, tous types confondus.