À l’occasion de la Journée nationale de l’audition, les spécialistes alertent sur les risques d’une perte auditive non traitée. Souvent banalisée, elle peut pourtant accélérer le déclin cognitif et altérer la mémoire ou la prise de décision.
Ce jeudi 12 mars marque la Journée nationale de l’audition, une occasion de sensibiliser le grand public à l’importance du dépistage. Bien entendre reste essentiel au quotidien, que ce soit pour communiquer, rester autonome ou maintenir une bonne santé cognitive.
Pourtant, en France, près de quatre millions de personnes de plus de 65 ans considèrent qu’il est normal de perdre progressivement l’audition et ne cherchent pas à compenser cette baisse. Les spécialistes mettent pourtant en garde contre les conséquences d’une perte auditive non prise en charge.
"Il faut voir l’oreille comme une porte d’entrée vers le cerveau. Le cerveau, c'est comme un muscle, en perdant de l'audition, on lui supprime une arrivée de travail", a expliqué Jean-Charles Secato, chercheur et membre de l’Association nationale de l’audition. Lorsque l’audition diminue, l’activité cérébrale peut être affectée.
Un déclin cognitif
Moins stimulé, le cerveau crée moins de connexions entre les neurones, ce qui peut favoriser un déclin cognitif. Les régions liées à la mémoire et à la prise de décision figurent parmi les plus touchées lorsque la perte auditive n’est pas traitée.
Des signes doivent alerter l’entourage, comme la nécessité de faire répéter fréquemment une conversation ou le volume de la télévision anormalement élevé. Face à ces risques, les experts recommandent de tester son audition régulièrement dès 50 ans.
Un dépistage peut être réalisé lors d’une consultation chez un médecin ORL, mais aussi à l’aide d’outils numériques. Certaines applications, comme ORA développée par la Fondation pour l’audition, permettent d’évaluer son audition en quelques minutes seulement.