Un mois après son élection, António José Seguro a officiellement pris ses fonctions de président de la République portugaise. Il succède ainsi à Marcelo Rebelo de Sousa, resté à la tête du pays pendant dix ans. Durant son discours, le nouveau chef de l'État a promis vouloir maintenir la stabilité politique dans le pays.
Il est devenu le sixième président de la République portugaise élu depuis la Révolution d'avril 1974. António José Seguro a officiellement pris ses fonctions ce lundi 9 mars lors d'une cérémonie au Parlement qui réunissait 600 invités, six chefs d'État, dont le roi d'Espagne Felipe VI, et son prédécesseur, Marcelo Rebelo de Sousa.
"21 coups de canon tirés par l'artillerie navale"
"Je jure sur mon honneur de remplir fidèlement les fonctions qui me sont confiées et de défendre, respecter et faire appliquer la Constitution de la République portugaise", a déclaré le nouveau président, lors de sa prestation de serment, la main droite sur une copie de cette même Constitution. S'en est suivie une salve de 21 coups de canon tirée par l'artillerie navale.
Marcelo Rebelo de Sousa e António José Seguro partilham um cumprimento demorado, com um abraço, e trocam vários sorrisos, momentos após Seguro tomar posse como Presidente da República.
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Et comme le veut la tradition, après cette prestation de serment, António José Seguro a échangé son siège avec celui de son prédécesseur, marquant ainsi la transition du pouvoir effectuée entre les deux hommes. Après la signature de l'acte d'investiture, le président de l'Assemblée portugaise, Aguiar Branco, a prononcé un discours dans lequel il a rendu hommage à Marcelo Rebelo de Sousa, "un président plus aimé par le pays réel que par le pays politique".
Marcelo Rebelo de Sousa a d'ailleurs reçu une longue salve d'applaudissements de la part de l'Assemblée de la République et des personnalités présentes pour l'événement, y compris de son successeur, qui se sont tous levés pour lui rendre cet hommage. Une attention qui a ému le président sortant.
"Je ferai tout pour mettre fin à cette frénésie électorale"
Puis, c'est au tour d'António José Seguro de prononcer son premier discours en tant que chef de l'État. Celui qui a réuni le plus grand nombre de voix pour un président élu, plus de 3,5 millions, a déclaré que c'était un "honneur de servir le Portugal en tant que président de la République".
Lui aussi a eu des mots pour son prédécesseur. António José Seguro a exprimé sa "gratitude pour son dévouement au Portugal et la défense des intérêts nationaux". Pour son action à la tête de l'État, le président a annoncé qu'il le décorera "du plus haut grade de l'Ordre de la Liberté". La cérémonie aura lieu ce lundi à 18h, heure de Lisbonne.
Le nouveau chef de l'État a ensuite déclaré vouloir garantir "la stabilité politique". Le Portugal a traversé un cycle de quatre élections sur les neuf derniers mois après notamment des motions de censure et des dissolutions du Parlement : "Je ferai tout pour mettre fin à cette frénésie électorale", a-t-il déclaré.
Il a également appelé les différents partis politiques à trouver un accord pour améliorer et faciliter l'accès aux soins à tous les Portugais. Un accord qui devra également s'appliquer à l'accès au logement mais aussi à l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Le chef de l'État a terminé son discours avec un appel à l'union : "Avançons ensemble".
Un hommage rendu sur la tombe du poète Camões
Après son discours, António José Seguro a reçu les félicitations des invités et des membres de l'Assemblée. Le président s'est ensuite rendu au monastère des Hiéronymites pour déposer une gerbe sur la tombe du poète Luís de Camões.
Du monastère, le chef de l'État s'est rendu jusqu'au Palais de Belém, escorté par la garde à cheval. C'est devant sa résidence officielle qu'António José Seguro a reçu les honneurs de la garde présidentielle.
Le nouveau président est ensuite entré dans le palais présidentiel accompagné de son épouse et de ses deux enfants. Un déjeuner était organisé avec les six chefs d'États invités, son prédécesseur, l'ancien président Aníbal Cavaco Silva, le Premier ministre Luís Montenegro et le ministre des Affaires étrangères.
Même si le président n'a que peu de pouvoir, avec cette journée d'investiture, une nouvelle page de la politique portugaise s'ouvre dans un contexte national et international difficile. Reste désormais à savoir si António José Seguro pourra tenir sa promesse de maintenir la stabilité politique dans le pays.