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Présidentielle au Portugal : Antonio José Seguro élu avec une large majorité

Le socialiste modéré Antonio José Seguro a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle au Portugal avec près de 67 % des voix. [Adri Salido / ANADOLU / Anadolu via AFP]

Le socialiste modéré Antonio José Seguro a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle au Portugal avec près de 67 % des voix. Âgé de 63 ans, l’ancien dirigeant du Parti socialiste succédera le 9 mars prochain à Marcelo Rebelo de Sousa et promet d’être "le président de tous les Portugais".

Le socialiste modéré de 63 ans Antonio José Seguro a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle au Portugal, en devançant largement son adversaire André Ventura, dont les ambitions politiques ressortent toutefois renforcées.

Selon des résultats portant sur 99,2 % des circonscriptions, Antonio José Seguro a obtenu 66,8 % des suffrages, contre 33,2 % pour son rival, député de 43 ans et président du parti Chega ("Assez").

L’ancien secrétaire général du Parti socialiste entre 2011 et 2014 succédera le 9 mars prochain au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis dix ans.

"Les vainqueurs ce soir, ce sont les Portugais et la démocratie", a réagi le futur chef de l’État, affichant sa volonté d’être "le président de tous les Portugais".

Une campagne marquée par l’opposition des projets

Alors qu’André Ventura promettait une "rupture" avec les formations qui dirigent le Portugal depuis cinquante ans, Antonio José Seguro avait mis en garde contre "le cauchemar" dans lequel le pays risquerait de se trouver en cas de victoire de son adversaire.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué une victoire qui maintient "forte" la voix du Portugal en soutien aux "valeurs européennes communes".

Soutiens politiques et esprit de convergence

Après une décennie en retrait de la vie politique, l’ancien député et ex-ministre avait remporté le premier tour avec 31,1 % des suffrages. Il avait ensuite rallié le soutien de nombreuses personnalités issues de l’extrême gauche, du centre et même de la droite, sans toutefois bénéficier de celui du Premier ministre Luis Montenegro.

À la tête d’un gouvernement minoritaire, ce dernier s’appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur la droite radicale, et avait refusé de donner une consigne de vote pour le second tour. Dimanche soir, il a néanmoins promis de travailler avec le prochain président dans un "esprit de convergence" afin de "garantir la stabilité politique".

De son côté, André Ventura avait déjà franchi un cap en se qualifiant pour le second tour avec 23,5 % des voix, confirmant la progression électorale de son parti, devenu la première force d’opposition l’an dernier. Il a reconnu sa défaite tout en se félicitant du "meilleur résultat de l’histoire" de sa formation.

"Nous menons la droite au Portugal et nous allons bientôt gouverner ce pays", a-t-il lancé devant ses partisans, mettant en avant le fait d’avoir obtenu un meilleur score que celui du camp gouvernemental lors des législatives de mai 2025.

Un président appelé à rester au centre du jeu politique

Si le rôle du chef de l’État portugais est essentiellement symbolique, il dispose d’un rôle d’arbitre en cas de crise et du pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections anticipées.

Dans un contexte où le gouvernement ne dispose toujours pas d’une majorité parlementaire, le nouveau président "restera au centre du jeu politique", selon le politologue Bruno Ferreira da Costa, de l’université Beira Interior.

Des élections perturbées par les tempêtes

La campagne a été fortement perturbée par les tempêtes meurtrières qui ont frappé le Portugal ces deux dernières semaines, contraignant une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le scrutin d’une semaine.

Malgré les craintes d’une démobilisation, la participation est restée élevée : le taux d’abstention, à 49,9 %, n’a que légèrement dépassé celui du premier tour, qui avait enregistré la plus forte mobilisation depuis la présidentielle de 2006.

"Ils ont fait le bon choix en décidant de maintenir les élections", a estimé Celeste Caldeira, enseignante retraitée de 87 ans. "Là, on a deux candidats. Soit on vote pour celui qui pense à l’intérêt de tous, soit je ne sais pas où on va", a-t-elle ajouté après avoir voté dans une école du centre de Lisbonne.