Le conflit au Moyen-Orient impacte durablement le trafic de marchandises. Face au blocage du détroit d'Ormuz, les armateurs demandent à leur bateaux présents dans la zone de ne prendre aucun risque.
Après cinq jours d’une guerre acharnée opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, la désescalade semble encore hors de portée. Les bombardements se poursuivent à travers le Moyen-Orient, faisant planer une incertitude majeure sur la stabilité régionale et sur l’économie mondiale.
En représailles aux frappes américaines, le stratégique détroit d’Ormuz se retrouve aujourd’hui paralysé. Large d’une cinquantaine de kilomètres à son point le plus étroit, ce passage maritime est vital pour le commerce international, notamment pour le transport de pétrole et de marchandises entre le Golfe et le reste du monde.
Le passage en force pas envisageable
Conséquence immédiate : près d’une soixantaine de navires battant pavillon français sont actuellement immobilisés dans la zone. Parmi eux, des porte-conteneurs transportant diverses marchandises, mais aussi des navires spécialisés acheminant du matériel destiné à l’entretien de plateformes pétrolières.
"Les bateaux ont reçu l’instruction de la Marine nationale de se mettre à l’ancre dans les zones les moins exposées. Je pense malheureusement qu’il n’y aura pas beaucoup de solutions alternatives", confie au micro d'Europe 1 Laurent Martens, délégué général d’Armateurs de France.
Le passage en force paraît aujourd’hui impossible, d'autant que Téhéran menace de s’en prendre à tout navire tentant de franchir le détroit. Dans ce contexte de très forte tension, les compagnies maritimes privilégient la prudence.
Allongement du trajet pour les armateurs
Les alternatives sont limitées. La traversée par le canal de Suez, qui relie la mer Méditerranée à la mer Rouge, est également suspendue, compliquant encore davantage les possibilités de contournement.
En cas d’immobilisation prolongée, les armateurs envisagent de dérouter leurs navires via le cap de Bonne-Espérance, à l’extrémité sud de l’Afrique. Une solution de dernier recours qui rallongerait les trajets de plusieurs milliers de kilomètres, augmentant les délais de livraison et les coûts logistiques.
Dans un contexte déjà marqué par des tensions énergétiques et commerciales, cette paralysie du détroit d’Ormuz pourrait ainsi entraîner des répercussions majeures sur les marchés internationaux dans les semaines à venir.