Jeanne Amourous, infirmière en soins palliatifs, revient dans "Christophe Bordet et vous" sur l'adoption pour la deuxième fois du texte de loi sur la fin de vie. Cette spécialiste rappelle que les patients ne demandent généralement pas la mort. Et s'inquiète que cette dernière devienne la solution face au manque de moyens mis dans les soins.
Une nouvelle adoption, et toujours les mêmes questions. Mercredi, pour la deuxième fois, le projet de loi sur la fin de vie a été adopté par les députés (299 voix pour, 226 voix contre). Comme dans la précédente copie, un patient, majeur, atteint d’une affection grave et incurable, en phase avancée ou terminale, peut réclamer la mort. Mais uniquement s'il ressent des souffrances physiques ou psychologiques insupportables qu’aucun traitement ne peut soulager.
Une liberté ?
"Les patients nous demandent qu'on les soulage et qu'on les accompagne. En revanche, ils ne nous demandent pas qu'on leur donne la mort", réagit dans Christophe Bordet et vous Jeanne Amourous, infirmière en soins palliatifs et membre actif de la Société Française d’Accompagnement et de Soins palliatifs.
"On nous parle d'une loi de liberté. C'est quand même extraordinaire parce que tous les jours je vois des gens qui ne sont pas libres parce qu'on n'a pas mis assez de moyens dans des soins, sans parler des soins palliatifs, les gens qui sont à la maison. Si vous voulez avoir quelqu'un 24h sur 24 pour vous aider, pour vous changer, pour vous assister, il faut avoir de l'argent. [...] Il y a des gens qui, par manque de soins, par manque de moyens, par manque de volonté politique, vont se dire 'la seule solution que j'ai, c'est qu'on me donne la mort.'"