Reçue ce lundi à Londres par la reine Camilla, Gisèle Pelicot a partagé avec la souveraine le récit de son combat contre les violences sexuelles. Profondément bouleversée par ses mémoires, la reine a salué le courage et la dignité d’une femme devenue un symbole mondial de la lutte pour la parole des victimes, elle-même victime de ces violences.
Une rencontre bouleversante. Figure internationale de la lutte contre les violences sexuelles, Gisèle Pelicot a été reçue ce lundi à Londres par la reine Camilla, a annoncé le palais de Buckingham.
La rencontre s’est déroulée à Clarence House, résidence officielle de la reine, dans le cadre d’un entretien d’une trentaine de minutes. Très engagée contre les violences faites aux femmes, la souveraine a confié avoir lu en deux jours les mémoires de Gisèle Pelicot et s’être dite profondément bouleversée par le récit de son épreuve.
"J’ai rencontré tant de survivantes de viol ou d’agressions sexuelles que je ne pensais pas pouvoir être encore choquée, mais je l’ai été", a déclaré la reine Camilla, selon l’agence britannique PA. Elle a également évoqué une agression subie dans sa jeunesse, lorsqu’elle était adolescente, dans un train.
Deux femmes, un sentiment partagé
Dans son ouvrage, Gisèle Pelicot revient sur les viols organisés pendant des années par son ex-mari avec 51 hommes, ainsi que sur le procès historique qui a suivi et qui l’a propulsée au rang de symbole mondial du combat contre les violences sexuelles. Face à la reine, Gisèle Pelicot a expliqué combien le soutien massif du public lui avait apporté une "force incroyable" pour traverser cette épreuve et poursuivre son engagement.
Après la condamnation de son ex-époux, Dominique Pelicot, à vingt ans de prison, la reine Camilla avait déjà exprimé son soutien à la Française de 73 ans dans une lettre personnelle, saluant "son courage et sa dignité extraordinaires". Un courrier qui avait profondément ému Gisèle Pelicot.
La Française présentait vendredi dernier son livre au Royal Festival Hall, à Londres, lors d’une soirée de lecture publique à laquelle ont participé plusieurs actrices de renom, dont Kate Winslet et Kristin Scott Thomas. Publié le 17 février et traduit en 22 langues, "Et la joie de vivre" est également paru en anglais sous le titre" A Hymn to Life, Shame Has to Change Sides” ce qui signifie "Un hymne à la vie, la honte doit changer de camp".