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Fin de vie : des garde-fous de moins en moins nombreux avant le vote solennel

L’examen du projet de loi sur la fin de vie s’achève dans une atmosphère lourde à l’Assemblée nationale. [Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À la veille du vote solennel sur le texte encadrant l’aide à mourir, les opposants dénoncent un net assouplissement des conditions d’accès à l’euthanasie et au suicide assisté. La droite et le Rassemblement national regrettent le rejet systématique de leurs amendements visant à renforcer les garanties pour les patients et les soignants. 

L’examen du projet de loi sur la fin de vie s’achève dans une atmosphère lourde à l’Assemblée nationale. À mesure que le vote solennel approche, les critiques s’intensifient. Les opposants à la légalisation de l’aide active à mourir estiment que les "garde-fous" initialement promis ont été progressivement affaiblis. 

En effet, en deuxième lecture, plusieurs amendements ont assoupli les conditions d’accès à l’euthanasie et au suicide assisté. Pour la droite et le Rassemblement national, ces évolutions éloignent le texte d’un équilibre annoncé au début des débats. 

"Lorsque l’on essaye de mettre en place un certain nombre de garanties, vous y êtes hostile. Aucun amendement ne passe. Aujourd’hui, ce texte est extrêmement libéral", a dénoncé Patrick Hetzel, député Les Républicains du Bas-Rhin.

Le doute et le délit d’entrave au cœur des tensions

Parmi les points de crispation figure la question du doute. Les opposants souhaitent que la possibilité pour un patient de revenir sur sa décision puisse subsister jusqu’au dernier moment, tout comme pour le soignant amené à pratiquer le geste létal. 

Autre sujet sensible : la création d’un délit d’entrave visant toute personne qui tenterait de dissuader un proche d’avoir recours à une aide à mourir. Une disposition jugée préoccupante par certains députés, qui redoutent des effets sur la liberté d’expression et le dialogue familial. 

Malgré ces désaccords, le texte devrait être adopté dans sa version actuelle. "Ce sera un texte radical, pas un texte d’équilibre", résume avec amertume un opposant à toute aide active à mourir.