Le groupe parlementaire a déposé une motion de censure ce lundi matin pour s'opposer à la Programmation pluriannuelle de l'énergie du gouvernement. Les députés RN veulent protester "sur la forme" contre "un acte illibéral contre le Parlement", mais également contre "une politique décroissante".
À peine proposée, déjà contestée. La troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), publiée le vendredi 13 février dernier, fixant la stratégie énergétique de la France pour la période 2026-2035, a trouvé un vent de contestation sur les bancs de l'Assemblée, notamment avec le Rassemblement national.
"Un risque majeur sur les finances publiques"
Ce lundi matin, les députés du groupe ont ainsi déposé une motion de censure contre le gouvernement. Les membres protestent "sur la forme" contre "un acte illibéral contre le Parlement" et aussi sur le fond, contre "une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques".
La présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée, Marine Le Pen, avait appelé les députés opposés à cette Programmation pluriannuelle de l'énergie à déposer une motion de censure, sans quoi son parti le ferait.
Neutralité carbone visée en 2050
Dans le texte du PPE3, le gouvernement parlait d'un "cap clair" visant à atteindre "la neutralité carbone à l'horizon 2050". "Porter la production électrique décarbonée entre 650 et 693 TWh en 2035, contre 458 TWh en 2023, tout en réduisant la consommation d'énergies fossiles à environ 330 TWh en 2035, contre 900 TWh en 2023. Cette trajectoire permettra d'inverser la structure de la consommation énergétique du pays, avec 60 % d'énergie décarbonée dès 2030 et 70 % en 2035", est-il ainsi inscrit sur le site internet du ministère de l'Économie, des Finances, de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Le décret indique également que, "pour l'éolien terrestre, le renouvellement des parcs existants sera privilégié". Un texte en rupture avec la PPE2 qui prévoyait la fermeture de 14 réacteurs nucléaires.
La Programmation prévoit également une accélération de l'éolien en mer, tandis que l'éolien terrestre et le solaire voient leurs objectifs revus à la baisse. Des ajustements liés à la stagnation de la consommation d'électricité.