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Travail au noir : 25% de verbalisations en plus en deux ans, annonce l'Urssaf

[Samuel Boivin / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

L’Urssaf annonce une hausse marquée des fraudes liées au travail dissimulé, avec 25% de situations verbalisées en plus en deux ans. En 2025, les redressements ont dépassé 1,5 milliard d’euros pour la deuxième année consécutive, mais le recouvrement reste limité, dans un contexte de fraudes de plus en plus sophistiquées.
 

L'Urssaf a annoncé vendredi avoir verbalisé 25% de situations frauduleuses de travail au noir en plus en deux ans, dépassant pour la deuxième année consécutive 1,5 milliard d'euros de redressement, mais le recouvrement de ces sommes reste plus difficile.

Dans son bilan annuel de la lutte contre la fraude, l'Urssaf souligne que 13% de contrôles ciblés de plus ont été réalisés en 2025 par rapport à 2024, permettant une hausse des verbalisations de situations de travail dissimulé de 25% en deux ans.

1,503 milliard d'euros

Comme les années précédentes, les secteurs faisant l'objet de plus de redressements sont le BTP, les services aux entreprises et le commerce.

Ces actions ont permis de redresser 1,503 milliard d'euros de cotisations et contributions sociales en 2025, un peu moins qu'en 2024 (1,586 md) mais beaucoup plus que les années précédentes (entre 600 et 800 millions par an environ entre 2018 et 2022).

En 2025, "nous avons réitéré des résultats records", s'est félicité le directeur de l'Urssaf-Caisse nationale Damien Ientile lors d'un point presse.

Des recouvrements compliqués

En revanche, le recouvrement des sommes redressées reste compliqué.

"Le montant des sommes recouvrées en 2025 par les Urssaf dans le cadre de leurs actions de lutte contre la fraude s'élève à près de 150 millions d'euros", écrit l'Urssaf, dont environ 100 millions d'euros liées aux actions de lutte contre le travail dissimulé et 50 à celles de régularisations des revenus des auto-entrepreneurs.

Le recouvrement est "difficile parce qu'il y a des entreprises qui sont faites uniquement pour frauder et qui disparaissent dès que vous les identifier, elles font disparaître le patrimoine, les actifs", a pointé M. Ientile.

Au-delà de la lutte contre le travail dissimulé, l'Urssaf souligne être confrontée à des "fraudes émergentes, de plus en plus sophistiquées, notamment liées à l'usage des outils numériques (usurpation d'identité, faux comptes, montages dématérialisés)".

Déjà adopté par le Sénat, un projet de loi sur la lutte contre les fraudes sociales et fiscales doit être examiné à l'Assemblée nationale à partir de mardi. Il instaure de nouveaux moyens de détection des fraudes ainsi que des sanctions et obligations renforcées pour les entreprises et les bénéficiaires d'allocations.

Parmi les "mesures utiles" que comporte ce projet de loi, M. Ientile a cité la création de la flagrance sociale, qui permet aux équipes de contrôle et d'inspection de l'Urssaf de réaliser des saisies d'actifs à titre conservatoire, dès que du travail dissimulé est détecté. Gelés, ces actifs pourront ensuite faire l'objet d'un recouvrement.