Ce vendredi 13 février, Sophie Adenot devrait, sauf nouveau changement de date de décollage, découvrir la Station spatiale internationale. L'astronaute doit passer neuf mois à bord de l'ISS et mener des centaines d'expériences scientifiques. Mais la vie dans la station est loin d'être confortable.
25 ans après Claudie Haigneré, une deuxième Française s'apprête à rejoindre la Station spatiale internationale (ISS). Sophie Adenot, 43 ans, doit décoller depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride, à bord de la fusée Falcon 9 et de la capsule Crew Dragon de SpaceX, ce vendredi 13 février. Pendant neuf mois, elle sera confrontée à une vie bien différente de celle sur Terre.
De la nourriture en boîte et de l'eau recyclée
Située à plus de 400 kilomètres d'altitude, l'ISS est le plus grand objet construit par l'homme dans l'espace : 74 mètres de longueur pour 109 mètres d'envergure. Mais malgré cette taille, l'espace de vie dans la station est très réduit, environ 400m3. Le confort côtoie donc les outils scientifiques utilisés pour les expériences menées à bord.
Commençons par évoquer la nourriture consommée dans l'ISS. Celle-ci est bien particulière. Interdiction d'avoir des produits qui font des miettes, cela pourrait endommager des appareils ou provoquer des courts-circuits. Les astronautes consomment soit des conserves, soit de la nourriture lyophilisée, à réhydrater à l'eau.
Mais il y a une particularité lors de la mission de Sophie Adenot. L'astronaute français rejoint l'espace avec un robot de cuisine : le Food processor. Un appareil conçu pour cuisiner des plats frais et donc permettre aux astronautes de varier leur régime alimentaire là-haut.
Après avoir évoqué la nourriture, place à l'eau. Si une grande quantité est envoyée depuis la Terre, les astronautes consomment également de l'eau issue de leur urine puisque cette dernière est recyclée dans l'ISS. Pour faire ses besoins, cela se passe dans des toilettes étroites. Les excréments sont mis dans des sachets avant d'être expulsés dans l'espace.
Dormir en impesanteur
Pour ce qui est de l'hygiène à bord, impossible pour les astronautes de prendre une douche. Pour se laver, ils utilisent une solution savonnée à appliquer directement sur la peau et ils se sèchent avec une serviette, tout simplement.
Pour se laver les dents, les astronautes utilisent un dentifrice qu'ils avalent après utilisation. Pour ce qui est du sommeil, oubliez tout ce qui est lit confortable avec une bonne couette. Comme l'a expliqué lui-même Thomas Pesquet, qui s'est rendu à deux reprises dans l'ISS, les astronautes dorment dans une pièce de la taille d'une cabine téléphonique.
Ils dorment dans des duvets qui sont accrochés sur un mur en position debout donc, mais grâce à l'impesanteur, on ne ressent pas le poids de son propre corps donc "on dort extrêmement bien", comme le confiait l'astronaute français. Mais en assistant à 16 levers et couchers de Soleil dans la même journée, difficile de savoir quand aller dormir. Les astronautes se positionnent sur l'horaire de Greenwich.
Autre élément important pour les femmes et les hommes présents dans la Station spatiale internationale : le sport. Avec le manque de gravité, les muscles du corps humain sont peu utilisés et ils perdent de la masse. Afin de maîtriser ce phénomène, les astronautes doivent faire deux heures d'activités physiques par jour. Ils peuvent faire du tapis de course, du vélo d'appartement ou de la musculation.
Passer autant de temps dans l'espace a des conséquences sur la santé des astronautes, surtout après leur retour sur Terre : perte de masse, squelette plus fragile, sens modifiés. La réadaptation à la vie terrestre peut être difficile mais l'organisme récupère 95% de ses capacités trois mois après le retour sur notre planète. Toutes ces missions sont essentielles pour mener à bien les missions qui doivent mener l'Homme sur Mars.