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EPS au collège : quand courir cinq minutes devient une épreuve pour les élèves

Les dernières évaluations d’aptitude physique menées en 2025 révèlent une baisse préoccupante de l’endurance chez les élèves. [Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Souvenirs contrastés pour les uns, vraie épreuve pour les autres : les cours d’EPS au collège ne font plus l’unanimité. Les dernières évaluations d’aptitude physique menées en 2025 révèlent une baisse préoccupante de l’endurance chez les élèves, notamment en course à pied. Entre fatigue, manque de motivation et omniprésence des écrans, les professeurs tentent de réinventer leurs méthodes pour redonner envie de bouger.

C'est soit un bon, soit un mauvais souvenir : les cours de sport au collège. Un moment de respiration pour certains, mais véritable corvée pour d’autres. Le constat est clair : les petits Français font de plus en plus partis de la deuxième catégorie. 

En septembre 2025, des évaluations d’aptitude physique ont été réalisées dans un tiers des collèges français et les résultats sont peu concluants.

"Ça fait mal. Ça demande trop d'efforts"

En course à pieds, seule la moitié des élèves de 6e sont capables de tenir 5 minutes sans s’arrêter comme pour Yanis. "Je déteste courir", avoue le jeune collégien de 6e dans un établissement. Ce n’est pas trop son "truc", confie-t-il.

Avant de s’arrêter le garçon ne tient pas plus, en général, de cinq minutes. Ce n'est pas beaucoup plus que Serena. Les cours de sport, l’élève de 5e y va à reculons.

"On n’a pas le choix", explique-t-elle. Ce semestre, la collégienne a au programme de la gymnastique mais Serena se rappelle très bien de son cours de course à pied l’année dernière. Et ce n’est pas, sans surprise, un très bon souvenir.

"Ça fait mal. Ça demande trop d'efforts. Mais quand ils tournent leur dos, on peut marcher", lance Serena. 

De nouveaux stratagèmes

Mais motiver ces collégiens, c’est la mission d’Antoine, professeur d’EPS depuis 18 ans. Ces dernières années, il observe une baisse du niveau.

"Le goût de l'effort est peut-être un peu moins prononcé aujourd'hui. Et aussi, je pense que les écrans, ça leur prend beaucoup de temps et donc ils sont amenés à faire un peu moins d'activités extérieures. Pour certains, les quatre heures ou les trois heures d'EPS qu'ils peuvent avoir par semaine, c'est le seul temps de pratique physique qu'ils vont avoir", constate cet enseignant.

Alors, l’enseignant a mis en place quelques techniques simples : mettre en duo par exemple un élève en difficulté avec un bon élément pour lui permettre de progresser et le tirer vers le haut.