Guillaume Cizeron vise un nouveau titre olympique avec sa nouvelle partenaire, Laurence Fournier Beaudry, en patinage artistique, quatre ans après avoir décroché l'or olympique aux Jeux de Pékin. Le tandem a choisi de s’approprier le voguing, une danse urbaine basée sur le travail des bras. Leur prestation est attendue en début de soirée.
Quatre ans après son sacre olympique à Pékin, Guillaume Cizeron retrouve la glace pour défendre son titre en danse sur glace, cette fois aux côtés d’une nouvelle partenaire, Laurence Fournier Beaudry, à l’occasion des JO de Milan‑Cortina ce lundi. Leur entrée en lice est prévue en début de soirée avec la danse rythmique. Le tandem a choisi de s’approprier le voguing, une danse urbaine basée sur le travail des bras et considérée comme "un gros challenge technique" pour ce programme.
"Il y a eu un moment où j’ai dit : 'Est‑ce qu’on n’aurait pas placé la barre trop haut ?'", sourit Cizeron, interrogé par l’AFP. Ensemble depuis un an seulement, les deux patineurs tenteront néanmoins de se hisser jusqu’à l’or olympique.
Sur la glace milanaise, les deux patineurs apparaissent dans des costumes directement inspirés de l’univers de la pop star : combinaison noire sans manche pour lui, corset rose façon bustier conique de Madonna pour elle, et gants noirs pour tous les deux afin de mettre en valeur la gestuelle du voguing. "C’est une danse qui est basée sur un contrôle total et une dissociation des bras", explique Cizeron. "Ça vient chercher soit des angles, soit une ondulation, un peu toutes les possibilités graphiques que tu peux faire avec tes bras".
"On voulait un challenge"
"On trouvait ça intéressant de ne pas seulement faire un thème des années 90 et juste bouger dessus. On voulait choisir un style de danse que le commun des mortels n’est pas capable de faire", précise le champion olympique. "On est quand même des danseurs professionnels, donc on voulait un challenge". Laurence Fournier Beaudry partage ce sentiment : "C’était un gros challenge technique, mais on est très contents. Je pense que ça va donner un peu un 'edge'. Ça donne quelque chose de très différent de tous les autres couples, parce qu’on a mis un autre thème à l’intérieur du thème qui nous a été donné".
La principale difficulté a été d’adapter la gestuelle du voguing — très frontale — à un programme en déplacement constant sur la glace. Le duo a collaboré avec le Brésilien Bieel Morales, spécialiste de cette danse. "Bieel a chorégraphié les bras, (notre entraîneuse) Marie‑France (Dubreuil) a chorégraphié les pieds, et on a mis ça ensemble".
Concurrence américaine
"C’est toute la complexité de la chose", souligne l’entraîneur Romain Haguenauer. "Le voguing, c’est une danse qui a un effet de manière en deux dimensions. Dès que tu fais du voguing en tournant, ça devient un petit peu moins impactant. Donc c’est pour ça qu’on a fait des choix pour placer les mouvements de bras vraiment marquants à bon escient".
Pour espérer monter sur la plus haute marche du podium, les Français devront réaliser une danse rythmique sans fausse note. Leur principale concurrence vient des Américains Madison Chock et Evan Bates, triple champions du monde en titre. Vendredi, lors de l’épreuve par équipes, les Américains - qui présentent un programme électrique sur la voix de Lenny Kravitz - avaient devancé le duo français d’un peu plus d’un point.