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«Je ne comprends plus cette société» : moment poignant entre Florence, mère du jeune Théo, et Anne, maman désemparée d'un délinquant

Dans "Eliot Deval et vous", Florence, mère de Théo, ce Lyonnais de 19 ans lynché à trois reprises par la même bande de jeunes, réagit au témoignage d'Anne. Cette dernière, a appelé à l'aide quand elle a senti que son enfant, alors âgé de 12 ans, basculait dans la délinquance. Mais rien n'y a fait. Aujourd'hui, il a 34 ans, et n'est pas revenu dans le droit chemin. 

Un témoignage poignant. Alors que la violence chez les mineurs est au cœur de l'actualité, elle occupe une place importante ce dimanche dans Eliot Deval et vous. Anne, une auditrice, et mère d'un délinquant aujourd'hui âgé de 34 ans, a expliqué comment pendant des années elle a demandé de l'aide pour recadrer son enfant de 12 ans à l'époque, sans que rien ne change. Elle pointe l'inefficience du système. "Les travailleurs sociaux ne servent à rien, ils manquent de droits et de possibilités", a-t-elle notamment déclaré. 

"Cette génération, on ne peut plus rien leur dire"

Une histoire qui a touché Florence, mère du jeune Théo, ce Lyonnais de 19 ans lynché à trois reprises par la même bande de jeunes. "Je voulais rebondir sur Anne et je voulais vraiment m'excuser en tant que Française", lâche celle qui est également famille d'accueil. 

"Vous avez appelé à l'aide, vous n'avez pas été entendue et aujourd'hui vous vivez encore un calvaire. [...] On veut les mettre [les délinquants] dans des centres mais c'est pas la solution. Quand on nous dit qu'on doit leur apprendre la France, c'est ça, oui. Quand on nous dit que 'ces pauvres enfants, pendant le Covid, ils ont été enfermés, on leur a empêché de vivre', mais ils étaient chez eux, avec leur famille. Qu'on les compare avec des enfants qui ont connu la guerre ? Mais demandez à ma grand-mère qui a connu la guerre, elle devait cacher dans la poussette des messages pour éviter tout ça. On leur a gâché leur vie", continue Florence, en pleurs.  

"Nos enfants, ils ont tout, ils sont pourris [gâtés], c'est des enfants rois. Cette génération on ne peut plus rien leur dire. Et le souci aujourd'hui de l'agression de mon fils, c'est qu'il leur a répondu. Ils n'ont pas apprécié parce que pour une fois une victime a répondu. Moi, je ne comprends plus cette société, même en tant que professionnelle, si vous saviez ce que je vois, je ne comprends plus rien. Je suis tellement choquée, je suis tellement désolée, madame, que vous ayez à vivre ça, parce que je pense que c'est même pire pour vous que pour moi."

"On me crache au visage en ignorant ma parole"

"Vous vivez ça depuis que votre enfant à 12 ans, vous avez appelé à l'aide, vous avez demandé des choses, on ne vous a rien donné. Aujourd'hui, j'appelle à l'aide depuis une semaine. Je demande au président, je demande aux parlementaires... je n'ai pas eu un mot d'excuse. On ne m'a pas dit, 'madame, vous avez raison, votre enfant est vivant et on va en sortir plus fort'. Non, on me crache au visage en ignorant ma parole. Voilà où on en est, voilà où est notre pays."

"Je suis démunie, je suis détruite", poursuit Florence. "Franchement, c'est honteux, j'ai honte, je suis française, j'aimerais pouvoir changer de nationalité. J'ai honte, honte, je suis désolée."