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«La police ne sait plus quoi faire» : le cri d'alarme de la mère de Théo, un étudiant agressé à trois reprises par une bande de mineurs

«La police ne sait plus quoi faire» : le cri d'alarme de la mère de Théo, un étudiant agressé à trois reprises par une bande de mineurs [Elsa Biyick / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À Lyon, un étudiant de 19 ans a été violemment agressé à trois reprises par une bande de jeunes, âgés de 14 à 16 ans. Sa mère, Florence, témoigne au micro d'Europe 1 et fait part de son désarroi. 

À 19 ans, Théo a vécu l'enfer. En cinq mois, cet étudiant de 19 ans a été agressé trois fois par une bande de mineurs, habitant le même quartier que lui, dans le 7e arrondissement de Lyon. Le dernier passage à tabac remonte au 31 janvier, alors qu'il rentrait du travail, en complément de ses études.

"Un acharnement durant plus de deux minutes", durant lequel les agresseurs vont chacun le rouer de coups et "lui sauter sur la tête", témoigne sa mère au micro d'Europe 1 ce jeudi 5 février. Désemparée, elle lance un cri d'alarme : "Comment des enfants aussi jeunes peuvent faire ça ?". Une question qui doit se poser collectivement, selon elle. 

"Mentalement, il est impressionnant"

Ce samedi 31 janvier, Théo est attaqué par quatre individus dans le hall d'entrée de sa résidence étudiante. Le groupe de mineurs, qui vient de la même bande qui l'avait déjà agressé à deux reprises auparavant, réclame son téléphone et le menace de mort avant de le frapper des pieds à la tête. La scène, d'une violence inouïe, a été filmée par les caméras de surveillance. 

Les agresseurs partis, "il arrive, je ne sais pas comment, à se relever et à se glisser jusqu'à l'ascenseur pour monter jusqu'à son appartement", raconte Florence. Son colocataire tente alors d'appeler les urgences, en vain. "Les pompiers refusent de venir, donc il a appelé le 17 qui a également refusé de venir... Ils disent que ce n'est pas assez grave et qu'il faut l'emmener voir un médecin traitant", explique-t-elle, scandalisée. Alertée, elle finira par appelée elle-même le 15 qui entendra sa détresse. 

Hospitalisé en urgence, Théo souffre aujourd'hui d'un traumatisme crânien. "Mentalement, je veux dire qu'il va bien parce qu'il est impressionnant. Je suis tellement fière parce qu'aujourd'hui, il pense aux autres", confie-t-elle. Malgré le traumatisme, Théo a souhaité partager son histoire, pour encourager les victimes à témoigner. 

Un manque de moyen

"Ce n'est pas le seul et c'est ça qui est triste. C'est dans toutes les villes et à Lyon, ça n'arrête pas", déplore-t-elle, rappelant que cette bande est coutumière du fait. "Même la police en a marre", souligne-t-elle. Aujourd'hui, plusieurs personnes ont été mises en garde à vue. Le premier, âgé de 15 ans, a "25 chefs d'accusation et dont un pour torture". 

Face à ces actes de violences démultipliés, "la police ne sait plus quoi faire. Ils nous disent 'on ne fait que de les croiser, on sait que ce sont eux, mais on n'a rien, on n'a pas d'image". Florence dénonce un manque de financement : "on est victime de notre gouvernement qui ne met pas les moyens", s'indigne-t-elle.

Après l'agression de Théo, des images des caméras de surveillance ont pu être récupérées et ont permis d'interpeller cinq individus sur les 14 mineurs de la même bande, détaille-t-elle au micro d'Europe 1. Elle nous apprend, par ailleurs, qu'ils vont être déférés.