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Jeux vidéo et violence chez les jeunes : «Emmanuel Macron confond les causes et les conséquences», estime Thibault de Montbrial

Jeux vidéo et violence chez les jeunes : «Emmanuel Macron confond les causes et les conséquences», estime Thibault de Montbrial [Europe 1]

Invité du Grand Rendez-vous ce dimanche, Thibault de Montbrial, président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieur, déplore une montée de l'insécurité et notamment de la délinquance chez les jeunes. Alors qu'Emmanuel Macron tient notamment pour responsable les jeux vidéo, il considère que le président se trompe de cible.

Président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieur et auteur de France : le choc ou la chute aux éditions de l'Observatoire, Thibault de Montbrial est revenu sur le dernier rapport du ministère de l'Intérieur sur la délinquance pour l'année 2025. La plupart des indicateurs sont en hausse.

La violence semble notamment progresser chez les jeunes. Face à ce constat accablant, quelle réponse politique apporter ? Si Emmanuel Macron pointe, dans une interview pour Brut, notamment les réseaux sociaux et les jeux vidéo, Thibault de Montbrial se montre sceptique : "Il confond les causes et les conséquences".

Un manque d'empathie chez les mineurs auteurs de violence

"La violence qui s'installe dans la société chez les plus jeunes, elle est aussi liée au fait que les enfants, les adolescents, sont beaucoup plus exposés à la violence dans des vidéos qu’ils vont voir sur les réseaux sociaux ou dans les jeux vidéo qu’ils vont faire", a déclaré le président de la République ce jeudi 5 février, dans une interview accordée à Brut.

Les jeux vidéo sont "une conséquence réelle", analyse Thibault de Montbrial au micro du Grand Rendez-vous Europe 1, CNews, Les Echos. Mais selon lui la cause est sous-jacente : "C'est parce que la société et les institutions représentatives d'autorité dans la société ont complètement délaissé leur part de rôle dans la construction d'un individu."

Citant le pédopsychiatre et expert judiciaire Maurice Berger, il déplore un manque d'empathie chez les mineurs auteurs de violence. "Il a l'impression d'avoir en face de lui des gens creux", souligne-t-il. "C'est là où je parle de densité. Et cette densité, on ne la recréera qu'en assumant, par l'éducation et par la culture, le fait que le rôle d'une société est aussi de former les jeunes", conclut-il.