Si l'établissement scolaire permet aux élèves de bénéficier de dix jours d'absences par an, en cas de règles douloureuses, certains garçons profitent de la mention "sans distinction de genre" pour s'octroyer des jours de repos.
Un usage inattendu qui suscite la polémique. Suivant l’exemple de nombreux établissements, l’université de Limoges a mis en place le congé menstruel afin de permettre aux étudiantes et étudiants de bénéficier d’un maximum de dix jours d’absence par an en cas de règles douloureuses.
Des "gros malins"
Toutefois, une cinquantaine de garçons ont vu d’un bon œil cette initiative pourtant "fondée sur la confiance" et ont décidé d’en détourner l’esprit en profitant de la mention "sans distinction de genre" pour s’octroyer des jours de repos. Un comportement de "gros malins", a ironisé l’ancienne ministre socialiste Laurence Rossignol sur X.
Le dispositif est ouvert à toute "personne menstruée" et repose sur une simple déclaration en ligne, sans nécessité de fournir un certificat médical. Ainsi, la mention "sans distinction de genre" permet d’éviter toute stigmatisation, explique Raphaël Jamier, vice-président de l’université et délégué à la vie étudiante, dans Le Parisien.
Pour « éviter les discriminations » , le congé menstruel était ouvert à tous les étudiants « sans distinction de genre ». Une cinquantaine de garçons ( gros malins) ont bénéficié du dispositif et totalisé une centaine de jours d’absence. Voilà.:. Voilà… https://t.co/QtWFWtfM7P
— Laurence Rossignol (@laurossignol) February 6, 2026
De cette initiative sont toutefois exclus les étudiants en alternance, les titulaires d’un contrat doctoral ainsi que les personnes inscrites dans le cadre de la formation continue.
Les profiteurs recadrés
C’est en décembre que le personnel enseignant a compris la supercherie, en constatant qu’une cinquantaine de garçons inscrits dans un cursus d’ingénierie avaient utilisé ce mécanisme pour sécher les cours. Un agissement jugé "irrespectueux envers les femmes qui, elles, ont réellement besoin de ces jours", a réagi le corps enseignant.
Les garçons impliqués ont donc reçu une lettre de recadrage envoyée par les vice-présidents chargés de la vie étudiante. Dans ce courrier, ces derniers n’ont pas manqué de rappeler, non sans ironie, que le congé menstruel ne signifiait pas "congé mensuel", ajoutant que "l’orthographe a un sens en français".