Après deux heures d'échanges, l'audition de Laurent Delahousse et du producteur Jean-Michel Carpentier est terminée.
La députée LFI Ersilia Soudais a interrogé le journaliste sur l'impartialité dont il doit faire preuve à l'antenne et notamment sur une accusation qui avait été portée contre lui par l'association Acrimed d'une complaisance lors de certaines interviews.
À cela, Laurent Delahousse a reconnu s'être "souvent interrogé sur ces critiques". Il reconnaît avoir "un ton différent, je le fais avec rigueur, sans complaisance, sans concessions", a-t-il ajouté tout en niant un "lien privilégié avec aucun responsable politique".
Revient alors la question qui a été posée à l'ensemble des personnes qui ont été auditionnées par cette commission sur l'audiovisuel : le salaire. "Tous ceux qui vous ont précédé ont refusé de communiquer leurs salaires", a déclaré Charles Alloncle.
Comme les autres, Laurent Delahousse n'a pas fourni le montant qu'il gagnait. Il explique cependant qu'il a un contrat à temps partiel. Sa rémunération "correspond à la grille salariale" de l'entreprise.
Devant la commission, Laurent Delahousse affirme que travailler au sein du service public lui a permis "d'être libre, d'inventer, de créer des liens avec les Français". Il a également déclaré que les audiences ne sont pas "la priorité" pour lui.
"Ce n'est pas le socle de notre travail. Notre travail est de proposer un journal différent" de celui du TF1 qui avait été précédemment cité par le député Charles Alloncle et qui fait deux fois plus d'audience que celui de France 2.
Après Léa Salamé en début de journée, c'est au tour de Laurent Delahousse d'être auditionné par la commission sur l'audiovisuel public. Il est accompagné de Jean-Michel Carpentier, le rédacteur en chef du "13h15" et du "20h30". Au début de son intervention, le journaliste a déclaré que c'était "une chance" et une "responsabilité" de présenter le journal de 20h de France 2.
Après plus de deux heures et 30 minutes d'échanges, l'audition de Léa Salamé, qui était accompagnée de ses deux rédacteurs en chef, est désormais terminée. Dans l'après-midi, ce sera au tour de Laurent Delahousse d'être auditionné.
Lors de son audition devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, Léa Salamé a fait un plaidoyer pour défendre le service public. La journaliste a affirmé que ce que fait le service public sur "la culture, l'histoire, les grands documentaires, l'international" est "énorme".
"Le service public, ce sont des valeurs et c'est beaucoup d'argent dépensé dans le documentaire, dans les grandes soirées sur l'illettrisme, sur le handicap. Toutes les grandes démocraties ont un service public fort. La France a de la chance d'avoir un service public fort".
Au sein de France 2, Léa Salamé a une double casquette : celle de journaliste, mais également de productrice. Une situation qui a suscité des interrogations, notamment du député UDR Charles Alloncle qui y voit une situation "d'animateur producteur".
Léa Salamé a expliqué qu'elle tenait à être "coproductrice" de son émission "Quelle époque !" parce qu'elle voulait "la maîtrise éditoriale et aussi un droit moral". "Si je n'étais pas coproductrice, cette émission pourrait sans mon accord être animée par quelqu'un d'autre ou être rachetée par une société étrangère".
Devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, Léa Salamé a affirmé qu'en cas de candidature de son compagnon, Raphaël Glucksmann, à l'élection présidentielle de 2027, elle quittera l'antenne "immédiatement".
"Vous savez bien que si il est candidat, je sors et je sors immédiatement. Je ne m'accroche pas, je sors". Cette dernière a également rappelé qu'"en 2019, quand mon compagnon a décidé d'être candidat, j'ai décidé de me retirer de l'antenne, même chose en 2024".
De nouvelles figures du service public seront entendues cette semaine par la commission parlementaire sur l'audiovisuel public. Parmi les auditionnés ce lundi : les présentateurs Laurent Delahousse et Léa Salamé.
Plus tard dans la semaine, ce sera au tour de la ministre de la Culture Rachida Dati de répondre aux questions des parlementaires.
Le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, le député Charles Alloncle, a déploré fin janvier à sa reprise qu'elle ait pris du "retard" après avoir été "neutralisée pendant un peu plus d'un mois" en raison d'une série d'incidents.
"Le retard n'est pas rattrapable. Une commission d'enquête (...) court pour 6 mois (et) ne peut être prorogée", a déclaré le député du parti UDR d'Eric Ciotti en conférence de presse.
Peu après, à la reprise des auditions de la commission, son président Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) a récusé avoir voulu retarder les travaux. "Il n'a jamais été question pour moi de mettre un terme à cette commission d'enquête, ou de censurer le rapporteur", a-t-il assuré.
Jérémie Patrier-Leitus avait annoncé le 23 décembre qu'il suspendait l'envoi des convocations en attendant une réunion du bureau de la commission le 6 janvier, afin de retrouver un "cadre digne, sérieux et respectueux".
La commission parlementaire sur l'audiovisuel public reprend ce lundi 2 février. Plusieurs nouvelles figures seront entendues cette semaine, notamment la présentatrice du 20H en semaine sur France 2, Léa Salamé, et son homologue du week-end, Laurent Delahousse.
La ministre de la Culture, Rachida Dati, sera elle, entendue jeudi prochain.