Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos, Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, explique pourquoi il n'a pas marché avec les policiers samedi. Une décision qu'il a prise alors qu'il partage le constat des manques de moyens matériels et humains pointés du doigt par le syndicat Alliance, à l'origine de ces manifestations.
Ils étaient 45.000 samedi dans toute la France, à l'appel du syndicat Alliance, à battre le pavé pour dénoncer le manque de moyens de la police. Et bien que Manuel Bompard n'ait pas marché aux côtés des policiers, il dresse le même constat que le syndicat : "bien sûr qu'on manque de moyens dans nos commissariats qui sont dans un état absolument scandaleux".
Alors pourquoi prendre cette décision ? "Je ne réponds pas aux appels à la manifestation du syndicat de police Alliance", lance le coordinateur national de LFI au micro du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos. "S'il s'agit de manifester pour demander à ce qu'il y ait davantage de moyens pour rénover nos commissariats, qui sont dans un état délabré, je partage cette revendication. [...] S'il s'agit de dire ça, pas de problème, je suis favorable."
Des prises de position passées qui prennent le pas sur la réalité présente
Ce qui dérange Manuel Bompard, c'est qu'"Alliance s'est exprimée notamment en prenant position une fois devant l'Assemblée nationale en disant 'le problème de la police, c'est la justice' [phrase lancée par le secrétaire général du syndicat, Fabien Vanhemelryck, en 2021, NDLR], c'est-à-dire en attaquant de manière frontale l'institution judiciaire."
Le député pointe également le soutien du syndicat pour des collègues "pointés du doigt pour des manques flagrants de respect de la déontologie".
Des prises de position passées qui prévalent donc dans l'esprit de Manuel Bompard, sur la réalité présente du manque de moyens matériels et humains au sein de la police. Une situation à l'origine du "cri à l'aide" lancé par le syndicat samedi.