La vente de LMB Aerospace, un équipementier militaire, aux Américains de Loar Group fait grincer des dents. Et Erik Tegnér n'y échappe pas. Dans "Christine Kelly et vous", il explique pourquoi selon lui le feu vert de Bercy est l'ultime étape d'une "trahison organisée" à l'encontre de la souveraineté française.
Une autorisation de vente qui fait couler beaucoup d'encre. Contre l'avis de la Direction générale de l'armement (DGA), le ministère de l'Economie a autorisé mercredi la vente de LMB Aerospace au groupe américain Loar Group.
Une décision qui n'a rien d'anodin, puisque LMB produit depuis Malemort-sur-Corrèze des pièces pour le Rafale, les sous-marins nucléaires, le char Leclerc ou encore le porte-avions Charles de Gaulle. Autant d'équipements militaires très sensibles qui, une fois la vente faite, se retrouveront donc mécaniquement dépendants d'une force étrangère.
Une véritable "trahison" envers les intérêts tricolores, pointe dans Christine Kelly et vous Erik Tegnér.
Amundi, Crédit Agricole, Arkea...
"Je vais expliquer comment très concrètement ce fonds qui vend aujourd'hui une bonne société française aux Américains trahit les intérêts français. Tikehau Capital gère 50 milliards d'euros d'actifs. En 2022, quand il a acquis LMB Aerospace, il a mis le prix fort : 200 millions et là il le revend 400 millions", rappelle le directeur de la rédaction de Frontières.
"Il multiplie donc sa mise en l'espace de 3 ans, c'est une immense opération financière qu'ils font sur le dos des Français. Il faut souligner également qu'ils sont aussi sous le coup d'une enquête judiciaire depuis quelques mois, on les suspecte d'avoir eu des connivences lors du rachat de LMB en 2022, ce qui a fait qu'ils ont mis le prix fort à l'époque."
Une opération que Tikehau a mis en place aux côtés "d'investisseurs français" : Amundi, un gestionnaire de fonds, un véhicule d'investissement du groupe Crédit Agricole, on retrouve également la banque française mutualiste Arkea. [...] Donc c'est vraiment une trahison qui est organisée avec des cabinets privés, des cabinets de lobbying."