Les Gardiens de la Révolution iraniens vont-ils être inscrits sur la liste européenne des organisations terroriste ? Alors que les ministres européens des Affaires étrangères vont se réunir jeudi pour décider des sanctions contre l'Iran, la question fait débat au sein des 27.
Une semaine après que les députés français se soient divisés sur l'inscription des Frères musulmans au registre des organisations terroristes, c'est au tour des eurodéputés d'être divisés sur la même question quant aux Gardiens de la Révolution.
Unanimité requise
L'unanimité des 27 états membres de l'Union européenne est obligatoire pour inscrire une organisation sur la liste européenne des organisations terroristes. Or, selon des sources diplomatiques, ce consensus n'est pour l'heure pas réuni.
Si l'Italie et l'Allemagne poussent les autres États en ce sens, la France et l'Espagne temporisent les débats. Paris, qui sera représenté par Jean-Noël Barrot jeudi à Bruxelles, n'a pas encore arrêté son point de vue, qui entend d'abord privilégier un renforcement des sanctions contre l'Iran.
Interrogée à ce sujet à l'issue du Conseil des ministres ce mercredi, Maud Bregeon ne dévoile toujours pas la position de Paris. Selon la porte-parole du gouvernement, "une réflexion était en cours avec nos partenaires européens", "et il n'y avait pour la France aucun tabou" sur le sujet.
Si le vote a lieu jeudi et que le temps presse, Maud Bregeon assure que "cette position sera éclairée, évidemment, dans les heures à venir". Avant d'ajouter qu'elle ne détient "pas plus d'informations" à communiquer pour l'heure.
Toujours selon des sources diplomatiques, 21 entités et responsables iraniens, dont plusieurs hauts dirigeants des Gardiens de la Révolution, doivent être visés par des interdictions de visa et des gels d'avoirs.
Des sanctions qui répondent non seulement à la répression des manifestations en Iran, mais également et à l’aide apportée par Téhéran à la Russie, notamment par la fourniture de drones et de missiles contre l’Ukraine.