L’Iran reste coupé du monde, faute d’un réseau internet pleinement rétabli. Les informations parviennent au compte-goutte. Après plusieurs jours de manifestations massives réprimées dans le sang, le pays est en état de choc. Europe 1 a recueilli le témoignage exceptionnel d'un habitant de Téhéran.
L’Iran reste toujours coupé du monde, faute d’un réseau internet entièrement rétabli. Les détails macabres parviennent au compte-goutte.
Après plusieurs jours de protestations massives réprimées dans le sang, jusqu’à 20.000 morts selon certaines estimations, le pays est assommé. Témoignage exceptionnel d’un habitant de Téhéran, contacté par Europe 1.
"La répression ne peut éviter les gens de manifester"
C’est via un VPN, un réseau privé, que Pouya*, iranien, parvient à envoyer quelques notes vocales de Téhéran où chaque habitant est touché, au moins indirectement, par la répression.
"Quand vous parlez avec quelqu'un dans la rue, il vous dit que : 'oui, je connais quelqu'un qui est blessé, qui est même mort. Chaque famille avait un membre dans la rue avec différents profils et opinions. Des gens avec hijab, sans hijab, jeunes, âgés, des enfants...", énumère-t-il.
Désormais les rues de la capitale sont calmes décrit cet habitant, quadrillées par les forces de sécurité. Malgré la peur, malgré le deuil, les manifestations pourraient reprendre selon lui. "Tout est possible. Même la répression ne peut éviter les gens de manifester pour obtenir une vie mieux. Les gens ne sont pas satisfaits et toujours pauvres", livre-t-il.
La pauvreté et la perspective d’une intervention américaine rendent la situation plus volatile que jamais. Dans un pays où, dit-il, sans la nommer, la république islamique ne peut plus durer.
*Son prénom a été modifié.