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États-Unis : ce procès inédit contre les plateformes numériques qui pourrait rebattre les cartes

[Romain Doucelin / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Un procès va-t-il rebattre les cartes ? Aux Etats-Unis, une jeune californienne a décidé de poursuivre les géants du numérique. En cause : leurs algorithmes pensés pour rendre accro les plus jeunes selon la plaignante. 

Les patrons des réseaux sociaux ont-ils sciemment conçu leurs applications pour rendre les jeunes accros ? C’est la question auxquels ils devront répondre à partir d’aujourd’hui devant la cour supérieure de Los Angeles, à l'occasion d'un procès hors-norme. 

Une californienne de 19 ans poursuit les patrons des GAFAM pour avoir détérioré sa santé mentale. Et son cas pourrait bien être précurseur, alors que des centaines d'autres plaintes similaires ont été déposées aux États-Unis. 

K.G.M, de ses initiales, n’a que 6 ans lorsqu’elle utilise YouTube pour la première fois. A 14 ans, elle possède des comptes Instagram, Snapchat et Tiktok.

Des plateformes qui assurent ne pas être responsables

Mais aujourd'hui âgée de 19 ans aujourd’hui, cette californienne raconte son utilisation compulsive des réseaux sociaux, malgré un contrôle parental, qu'elle estime conçu pour être détourné. 

Résultat : la dépression et l’anxiété. De leurs côtés, les plateformes se défendent et estiment ne pas être responsables des contenus publiés. "Oui, mais elles le sont quand leurs algorithmes poussent les images vers les ados", répond dans une vidéo Laura Marquez Garrett, avocate dans un cabinet américain qui gère un millier de dossiers similaires. 

Des algorithmes pensez pour retenir les jeunes

"On vous présente des contenus que les plateformes souhaitent que vous regardiez, puisque leurs technologies ont déterminé que cela vous retiendra", explique-t-elle. "Je vois par exemple des garçons de 16 ans qui viennent juste de rompre. L’un d’eux cherchait des citations inspirantes. Il est tombé sur des contenus déprimants autour du chagrin d’amour, mais également sur tout un tas de contenus sur le suicide et l’auto-mutilation", poursuit l'avocate. 

"Les plateformes programment et conçoivent des produits à destination des enfants. Les produits ciblent littéralement les lobes frontaux non-développés", s'alarme-t-elle. 

Une stratégie commerciale pour rendre accros ces utilisateurs de demain, explique cette spécialiste. En attendant, 1.500 d’entre eux ont porté plainte. Et leur sort pourrait contraindre les géants de la Tech à repenser entièrement leurs applis.