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Consommation de cocaïne : « En 2013, j’avais un patient une fois par mois. Aujourd’hui, au moins une dizaine », alerte un médecin

La consommation de cocaïne a explosé en quelques années. Cette drogue se répand de plus en plus chez les travailleurs et les plus précaires. [Matthieu Delaty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La consommation de cocaïne a explosé en quelques années. Et le profil des
consommateurs évolue. Cette drogue se répand de plus en plus chez les travailleurs et les plus précaires. Reportage dans un hôpital alsacien où le nombre de consultations pour addiction à la cocaïne a décuplé en une quinzaine d’années.
 

Un Français sur dix a consommé au moins une fois de la cocaïne en 2023 contre un sur 50 il y a vingt ans, selon une étude de l’Inserm. Sous forme de poudre à sniffer ou de cristaux à fumer, cette drogue dure déferle sur toute la France. 

On en trouve partout, jusqu’au fin fond des campagnes, la cocaïne devient de moins en moins chère et le profil des consommateurs évolue. Un fléau que constatent au quotidien les hôpitaux et les spécialistes de l’addiction.

"Il y a des dealeurs partout"

"C’est une addiction qui est terrifiante", résume Elisa (le prénom a été modifié), 40 ans et 15 ans de cocaïne et de crack à son actif. C’est son travail dans la restauration qui l’a fait plonger dans la drogue. "Avec des horaires très compliqués de nuit, des cadences difficiles, beaucoup de travail, la cocaïne aidait et je suis tombée dedans à une vitesse de dingue", raconte-t-elle.


C’est "extrêmement facile de s’en procurer", assure cette ancienne consommatrice, "parce que les prix ont baissé et qu’il y a des dealeurs partout. Quand je me balade dans ma ville, j’ai du mal à trouver une rue sans un dealer", assure-t-elle.

On est passé "du col blanc au col bleu" 

Sevrée depuis trois mois, Elisa est suivie par le docteur Hannah Eid, chef du pôle d’addictologie à l’hôpital de Pfastatt. Il confirme que la consommation de cocaïne a explosé ces dernières années : "En 2013, j’avais un patient une fois de temps en temps, environ une fois par mois. Aujourd’hui, il y en a au moins une dizaine par mois", précise-t-il.


Le profil des consommateurs a par ailleurs changé. La cocaïne n’est plus seulement la drogue du cadre supérieur en soirée. On est passé "du col blanc au col bleu", image le médecin. "Tout ce qui est BTP, dans le milieu du transport. C’est le travail de tous les jours dans lequel on recherche une performance, un meilleur rendement et tenir", poursuit le docteur Hannah Eid.

Et alors qu’il y a une dizaine d’années, la cocaïne se trouvait surtout dans les villes, aujourd’hui on peut s’en procurer partout, "même au fin fond des campagnes", assure le médecin.