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«Donner la mort, ce n’est pas un soin» : les soignants soulagés du freinage du Sénat sur l’aide à mourir

Ce mercredi 28 janvier 2026, les sénateurs doivent se prononcer sur deux textes clés concernant la fin de vie. [Quentin Top / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Ce mercredi 28 janvier 2026, les sénateurs doivent se prononcer sur deux textes clés concernant la fin de vie. Si l’un porte sur l’accès aux soins palliatifs, l’autre, consacré à l’aide à mourir, a été largement vidé de sa substance. Une décision qui redonne espoir à de nombreux soignants, opposés à l’idée de donner la mort.

Ce mercredi 28 janvier 2026, un vote solennel est prévu au Sénat sur deux textes fondamentaux : l'un sur l'accès aux soins palliatifs, l'autre sur l'aide à mourir. 

Ce dernier texte a d'ailleurs été vidé de sa substance le 21 janvier 2026 lorsque les sénateurs ont rejeté tout dispositif, même encadré, de suicide assisté et d'euthanasie. 

Ce qui redonne espoir à ceux qui sont opposés à l'élaboration d'une loi sur la fin de vie à commencer par de nombreux soignants, hostiles à l'idée de donner la mort, comme à Lyon.

"Se donner la mort, dans le cadre d'un suicide assisté, c'est violent"

Gisèle Chvetzoff est oncologue, responsable du service de soins palliatifs au centre anti-cancer Léon Bérard, dans l'ouest de Lyon. Des patients en fin de vie, elle en voit quotidiennement dans son service. Pour autant, l'idée qu'un médecin puisse donner la mort, grâce à une loi, la met très mal à l'aise.

"Il n'y a pas besoin de cette loi. Il y a, à mon sens, peu de situations de douleur réfractaire. Mais il y a des situations de souffrance morale intense. Et ça, ça nécessite de la présence humaine. Une réponse qui serait 'supprimons le malade pour supprimer le problème, la souffrance' serait à mon avis une solution dangereuse. Se donner la mort, dans le cadre d'un suicide assisté, c'est violent. La donner à quelqu'un, dans le cadre d'une euthanasie, c'est éminemment violent, et, à mon avis ce n'est pas le métier des soignants. En tout cas, ce n'est pas un soin", lance-t-elle.

Un projet examiné à l'Assemblée nationale en février

Selon elle, les soins palliatifs tels que pratiqués aujourd'hui en France sont suffisants. "Aider médicalement les gens à mourir, ce n'est pas la même chose que de faire mourir. Aider les gens à mourir, c'est mon métier depuis très longtemps. Et je le fais sans faire mourir les gens", lance l'oncologue.

Le projet sera examiné, in fine, à l'Assemblée nationale en février. Un grand nombre de soignants espère que les députés tiendront compte des discussions et des réserves qui se sont exprimées au Sénat et qui reflètent l'opinion d'une partie de la société face à la fin de vie.