Plus de cinq ans après l’attentat islamiste ayant coûté la vie à Samuel Paty, quatre accusés comparaissent de nouveau devant la cour d’assises spéciale de Paris ce lundi 26 janvier. Déjà condamnés en première instance, ils sont soupçonnés d’avoir aidé, à divers degrés, l’auteur de l’assassinat du professeur en octobre 2020.
Plus de cinq ans après l’attentat islamiste visant le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, plusieurs accusés comparaissent de nouveau devant la cour d’assises de Paris, ce lundi 26 janvier. Condamnés en première instance, ils ont été reconnus coupables d’avoir aidé, de près ou de loin, Abdoullakh Anzorov, le Tchétchène radicalisé, à passer à l’acte le 16 octobre 2020.
Pour rappel, Samuel Paty, décapité à la sortie des cours, était visé depuis plusieurs semaines par une campagne de harcèlement en ligne. Une fatwa, lancée par des islamistes, l’accusait d’avoir critiqué Mahomet devant ses élèves. Concrètement, qui sont les quatre accusés rejugés à partir de ce lundi matin ?
Deux hommes à l’origine de la campagne de harcèlement en ligne
Il y a d’abord les deux hommes à l’origine de la campagne de harcèlement en ligne. Brahim Chnina, le père de la collégienne qui a accusé Samuel Paty d’avoir critiqué Mahomet en cours, et Abdellakhim Sefrioui, prédicateur islamiste, auteur de nombreuses vidéos publiées sur internet mettant une cible dans le dos du professeur. Ils avaient été condamnés à 13 et 15 ans de prison en première instance.
Pour Me Francis Szpiner, avocat du fils de Samuel Paty, les deux hommes savaient parfaitement ce qu’ils faisaient. "Vous ne pouvez pas, dans le contexte actuel avec Charlie Hebdo et toute une série d’attentats, dire qu’on ne pouvait pas imaginer toutes les conséquences d’une telle campagne haineuse contre Samuel Paty, ça n’est pas sérieux", dénonce-t-il.
"Très difficile de concevoir qu’ils n’étaient pas au courant"
Les deux autres accusés rejugés sont des amis d’enfance du terroriste islamiste, condamnés à 16 ans de prison en première instance. Pour Me Francis Szpiner, pas l’ombre d’un doute, ils ont accompagné Abdoullakh Anzorov dans son projet criminel. "Ils sont restés des heures dans une voiture à tourner en ville avant d’acheter les couteaux.
L’un d’entre eux a même conduit l’assassin sur les lieux du crime. Et surtout, le terroriste ne parlait que de son projet criminel : il est très difficile de concevoir qu’ils n’étaient pas au courant", souligne-t-il.
Satisfaite des peines prononcées en première instance, la famille de Samuel Paty espère que la justice condamnera de nouveau l’ensemble des accusés. Les quatre accusés encourent entre 30 ans de prison et la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès doit durer un mois. Le verdict est attendu le 27 février prochain.