En meeting pour soutenir le candidat LFI aux municipales à Toulouse ce jeudi, Jean-Luc Mélenchon tente de reprendre à son compte "le grand remplacement", un concept qu'il a pourtant combattu pendant des années. Une expression qu'il assume depuis au moins un an, au point d'en faire un projet politique.
Jean-Luc Mélenchon était en meeting pour soutenir le candidat LFI François Piquemal aux élections municipales, ce jeudi à Toulouse. L’occasion, pour le fondateur de La France insoumise, de reprendre à son compte l’expression de "grand remplacement", un concept qu’il a pourtant combattu pendant des années. Depuis au moins un an, il en assume désormais l’usage, au point d’en faire un véritable projet politique.
"Incarner la nouvelle france"
Jean-Luc Mélenchon ne combat plus l’idée de "grand remplacement", il la retourne. Pour l’ancien député, ce n’est ni une peur ni une menace, mais un horizon politique, le moteur d’une "nouvelle France" qu’il souhaite "refonder par le métissage, la créolisation et la bascule démographique".
"Nous avons besoin d’élections municipales qui puissent être une démonstration du niveau de conscience politique du peuple français dans sa diversité, de la capacité de nos listes à incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l’autre parce que c’est comme ça depuis la nuit des temps."
Une vision explicitement assumée par Jean-Luc Mélenchon avant d'ajouter que "ce n’est pas parce qu’il y a dix dingues dans un coin qui, tout à coup, ont peur d’être remplacés par leurs enfants que nous devons partager leur peur."
Un tournant stratégique assumé
La cible est claire, Jean-Luc Mélenchon vise les campagnes et les territoires qu’il juge figés, conservateurs et dépassés. Il entend y projeter les banlieues afin d’y importer leur sociologie, leur électorat et leur culture politique.
Ce discours rompt avec l’universalisme républicain qu’il défendait autrefois et marque un tournant stratégique assumé, dont l’objectif est de maximiser le vote communautaire, avec, en ligne de mire, le second tour de l’élection présidentielle de 2027.