Valérie Bonneton et Akim Isker ont présenté dans "Culture médias", "L’Affaire Laura Stern", une série bouleversante qui brise le silence sur les violences conjugales. À travers des témoignages marquants et une fiction inspirée de la réalité, les comédiens reviennent sur un projet fort, né de rencontres poignantes avec des femmes victimes.
Sortir du silence. Invités dans l’émission Culture Médias sur Europe 1, Valérie Bonneton et Akim Isker sont venus présenter la série poignante L’Affaire Laura Stern, une fiction qui met en lumière les violences conjugales sous toutes leurs formes. Un projet fort, nécessaire, et profondément bouleversant, porté par des comédiens marqués à jamais par les témoignages qu’ils ont rencontrés.
Dans cette série, Valérie Bonneton incarne Laura Stern, une femme confrontée à un engrenage de violences dont les mécanismes, souvent invisibles, finissent par détruire lentement mais sûrement. "Quand il n’y a pas de coups et quand c’est insidieux, quand ça grignote le cerveau sur un nombre d’années, j’ai l’impression que c’est ce qu’il y a de pire", a expliqué l’actrice avec une grande justesse.
À travers le parcours de son personnage, la série interroge aussi les failles du système de protection. Laura Stern constate que les mesures d’éloignement ne sont pas toujours respectées, que les dispositifs censés protéger peuvent se révéler insuffisants. "On se pose la question… on ne sait pas ce qui se passerait si on touchait nos enfants, par exemple", a rendu compte Valérie Bonneton, soulignant la bascule psychologique de son personnage.
Une rencontre "merveilleuse" avec Akim Isker
Pour se préparer à ce rôle, l’actrice affirme qu’il n’existe pas de méthode toute faite. "Je crois qu’on ne se prépare pas un rôle comme celui-là", a-t-elle avoué. Le travail s’est construit dans l’échange, notamment avec Akim Isker, qu’elle décrit comme une rencontre "merveilleuse". Mais surtout, le véritable choc est venu des rencontres avec des femmes victimes de violences, accompagnées par des associations.
"Ça a été un vrai choc", a exprimé Valérie Bonneton, encore bouleversée. Écouter ces femmes, voir leurs douleurs, leur courage pour porter plainte, pour pousser la porte des associations malgré la peur, a profondément marqué la comédienne. Elle rend un hommage appuyé à ces structures, qu’elle qualifie de "fabuleuses" et "indispensables", rappelant que sans elles, les drames seraient encore plus nombreux. "Où iraient ces femmes ? Qu’est-ce qu’elles feraient ? Il y aurait beaucoup plus de morts, beaucoup plus de suicides", a-t-elle affirmé avec gravité.
De son côté, Akim Isker souligne que cette dimension sociale était au cœur du projet dès le départ. L’Affaire Laura Stern ne se limite pas à un seul profil de victime. "On voulait absolument installer ce débat sur les violences dans toutes les strates de la société", a-t-il expliqué. La série explore aussi bien les violences physiques que psychologiques, y compris dans des milieux favorisés, rappelant que ces drames ne connaissent ni classe sociale ni frontières économiques. L’Affaire Laura Stern n’est pas seulement une fiction mais un cri, un miroir tendu au public, et un appel à ne plus détourner le regard.