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Pascal Praud et vous - Fin de vie : «La réponse à la souffrance, c’est le soin», alerte Céline Fourcade

[© Europe 1]

Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs et ancienne présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, a évoqué le débat autour de la fin de vie et de l'aide à mourir. Réécoutez l'extrait. Vous pouvez réagir au 01.80.20.39.21. 

Invitée de l'émission Pascal Praud et vous, Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs et ancienne présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs, a livré une analyse alarmante sur le débat autour de la fin de vie et de l'aide à mourir. La médecin a notamment mis en garde contre certaines dérives observées à l'étranger, estimant que la souffrance, notamment psychique, ne peut trouver de réponse adaptée en dehors du soin.

"Il s'agit presque toujours de jeunes femmes qui ont été victimes de violences dans leur enfance, donc un profil très particulier", a-t-elle précisé à l'antenne, avant d’exprimer son inquiétude face à une évolution qu'elle juge profondément problématique. "Dans ces pays-là, on voit l'euthanasie comme une réponse possible à la souffrance. Et moi, il me semble que, que ce soit une fin de vie ou non, la réponse à la souffrance, c’est le soin", a insisté Céline Fourcade.

"Face à ce discours dominant qui fait tellement peu écho à ce qu'on vit au quotidien dans nos services, si on ne prenait pas la parole, personne ne pouvait le faire à notre place", a-t-elle affirmé. Elle rappelle que les patients ne s'expriment pas directement dans les débats et que, sans la parole des soignants, "le débat est unijambiste".

Le retour du texte sur la fin de vie au Parlement

Céline Fourcade est enfin revenue sur le retour du texte sur la fin de vie au Parlement, désormais scindé en deux propositions de loi distinctes, l'une sur les soins palliatifs, l'autre sur l'aide à mourir. Une séparation qu'elle juge essentielle. En mai dernier, le texte sur les soins palliatifs a été voté à l'unanimité à l'Assemblée nationale, tandis que celui sur l'aide à mourir n'a recueilli que 54 % des voix des députés présents. "Si on avait gardé ces deux textes unis, il était impossible pour les députés de voter librement", a-t-elle estimé.

Selon elle, le texte sur les soins palliatifs pourrait de nouveau faire consensus au Sénat. En revanche, celui sur l'aide à mourir constitue, à ses yeux, "un double anachronisme", à la fois dans le contexte politique et médical actuel, et dans son contenu. "Le texte issu de la commission des affaires sociales au Sénat nous ramène 40 ans en arrière", a-t-elle regretté, rappelant que les soins palliatifs sont nés en France du refus des pratiques euthanasiques et de l'usage des "cocktails lithiques".