Emmanuel Macron pousse pour activer le "bazooka" européen, l'arme économique ultime de l'UE, face aux menaces de surtaxes douanières de Donald Trump. Mais pour le moment, le président français n'est pas suivi par les autres dirigeants européens. Est-il le moteur d’une Europe puissance, ou celui qui va trop vite pour des partenaires beaucoup plus prudents ?
Officiellement, l'Europe est unie face aux menaces de surtaxes douanières de Donald Trump liées à la question du Groenland. Les huit pays visés par le président américain, dont la France, ont signé une déclaration conjointe dimanche, avec une solidarité affichée et une condamnation ferme.
Le risque de l'instrument anti-coercition
Mais dès qu'il faut agir, l'unité se fissure. Le président français Emmanuel Macron pousse pour une réponse maximale : activer l’instrument anti-coercition, le "bazooka" européen. Sanctions commerciales, restrictions d’investissements, pression directe sur l’économie américaine... Une stratégie forte sur le papier.
Cependant, dans les faits, le risque est élevé car ce mécanisme n’a jamais été utilisé. En outre, il engage l’Europe dans un affrontement économique durable avec Washington.
Prudence des partenaires européens
Pour le moment, l’Allemagne temporise. À peine déployé au Groenland, son petit contingent est déjà rentré de manière inattendue. Officiellement, la mission s’achève. Politiquement, Berlin envoie un signal de prudence.
L’Italie freine aussi. La cheffe du gouvernement Giorgia Meloni parle d’"erreur", pas de bras de fer. Elle veut désamorcer, pas durcir le conflit. D’ailleurs, une porte de sortie diplomatique existe peut-être à Davos en Suisse, mercredi, où Donald Trump est attendu. Un terrain neutre pour tenter de calmer le jeu.
Emmanuel Macron, lui, assume l’épreuve de force. Mais sa stratégie pose une question centrale : faut-il frapper pour dissuader, ou temporiser pour éviter l’escalade ?