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Instrument anti-coercition : que se passerait-il si l'Union européenne l'activait contre les États-Unis ?

Etats-Unis et Union européenne (Illustration) [Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Le président français Emmanuel Macron propose d'activer l'instrument anti-coercition de l'Union européenne après les menaces de guerre commerciale brandies par Donald Trump sur le dossier du Groenland. Cette arme juridique, encore jamais utilisée par les Vingt-Sept, comprend diverses mesures de riposte qui peuvent être enclenchées après une phase de médiation.

Certains l'appellent un "bazooka anti-coercition". Emmanuel Macron va demander d'activer l'instrument anti-coercition de l'Union européenne pour répondre à Donald Trump et à sa menace de guerre commerciale, avec la question du Groenland en toile de fond. Un instrument qui n'a encore jamais été utilisé par l'UE.

Les mesures de riposte disponibles

Cet outil juridique est l'arme la plus agressive dont dispose l'Union européenne en cas de litige commercial. Il est doté de mesures fortes pour répondre à tout pays qui utiliserait des armes commerciales pour faire pression sur l'UE.

Concrètement, s'il est activé, l'instrument anti-coercition permettrait de limiter les importations provenant d'un pays, de geler l'accès aux marchés publics européens, ou encore de bloquer certains investissements étrangers mis sur pied.

Un instrument de dissuasion

L'utilisation de cette arme juridique a été envisagée une première fois en 2023, dans le cadre du conflit commercial qui opposait à l'époque la Lituanie et la Chine, puis une seconde fois au printemps 2025, comme une réponse aux droits de douane annoncés par Donald Trump. Les Vingt-Sept ne l'avaient finalement pas activé. Cet outil, certes agressif, est avant tout pensé comme un instrument de dissuasion, d'où son mode de fonctionnement.

S'il est activé par la France par exemple, et après un vote des États membres, s'ouvre tout d'abord une phase de médiation pour tenter de convaincre le pays incriminé - ici, les États-Unis - de cesser les mesures contestées, comme les droits de douane. C'est uniquement si aucun accord n'est trouvé que l'UE pourrait utiliser les mesures de riposte dont elle dispose.