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Les Islandais ne veulent pas rejoindre l'UE : Bruxelles ne fait plus rêver les pays riches européens

[lessio morgese/ nurphoto/ nurphoto via AFP]

Les Islandais ont voté ce dimanche majoritairement non au référendum pour poursuivre l'intégration de leur pays à l'Union européenne. Un revers pour Bruxelles, institution qui n'attire plus désormais que des pays pauvres.

Et à la fin, c'est le non qui l'emporte. Ce dimanche, les Islandais se sont prononcés contre la reprise des négociations entre leur pays et l'Union européenne au cours d'un référendum sur l'île. 

Ainsi, les électeurs se sont prononcés à 52,8% contre la poursuite du processus, contre seulement 47,2% pour. Un revers pour Bruxelles qui tente de faire bonne figure. L'UE "respecte pleinement le choix démocratique" des Islandais, a fait savoir le président du Conseil européen Antonio Costa à la Première ministre Kristrun Frostadottir, après l'annonce des résultats du référendum.

Mais en réalité, ce résultat souligne que l'Union européenne n'attire plus les pays riches. La petite île près du Groenland est ainsi parmi les 10 pays les plus riches de la planète, avec un PIB par habitant de 98.000 dollars selon la Banque mondiale, soit deux fois le revenu par habitant de la France.

"L'UE aujourd'hui ne fait plus rêver"

Pourtant, l'île de l'Atlantique Nord est déjà étroitement liée à l'UE en tant que membre de l'Espace économique européen (EEE) et de l'espace Schengen. Les deux dirigeants se sont engagés à "continuer de renforcer cette relation".

Mais la consternation était palpable à Bruxelles. "Le constat est clair : l'UE aujourd'hui ne fait plus rêver", a résumé la députée européenne écologiste Saskia Bricmont.

Sandro Gozi, député européen centriste, a quant à lui qualifié ce résultat d'"avertissement que l'Europe doit prendre au sérieux". Il a déclaré que le "pouvoir d'attraction" de l'UE ne devait pas être "tenu pour acquis" et que celle-ci devait "continuer à gagner la confiance", notamment en réduisant la bureaucratie.

L'UE s'est élargie pour la dernière fois en 2013 avec l'admission de la Croatie. Bien que l'élargissement soit revenu sur le devant de la scène comme priorité stratégique depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, les résultats obtenus depuis lors sont maigres.

Ces dernières années ont été marquées par des progrès timides parmi les candidats des Balkans occidentaux, le Monténégro et l'Albanie étant les plus proches d'adhérer, et par l'ouverture d'un processus d'adhésion vaste et complexe avec l'Ukraine.

Neuf candidats encore en lisse

Bruxelles a pris soin de ne pas donner l'impression de s'ingérer dans le vote islandais de ce week-end, mais n'a guère caché son enthousiasme à l'idée d'accueillir au sein de l'UE cette île riche et stratégiquement située.

Pour de nombreuses capitales européennes, l'Islande apparaissait comme un candidat modèle, et Bruxelles avait indiqué être prête à faire des concessions sur des questions sensibles, telles que les droits de pêche, pour faciliter son intégration.

Pour le moment, la liste des pays candidats à l'Union européenne se compose de neuf pays : l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine du Nord, la Moldavie, le Monténégro, la Serbie, la Géorgie, l'Ukraine et la Turquie, même si ces trois derniers cas rencontrent des difficultés spécifiques. 

Des pays très loin des revenus islandais, qui soulignent à quel point l'Union européenne peine désormais à attirer des pays riches européens dans son cercle.