"La France terre d'asile pour les malades psychiatriques." Voilà la Une du dernier numéro de Marianne. Un phénomène tricolore dû au fait que "nous sommes le seul pays au monde à être aussi généreux", rappelle dans Eliot Deval et vous, Rachel Binhas journaliste à Marianne.
"Jusqu'en 2017, ce titre pour soins est géré par le ministère de la Santé et les fameuses ARS, agences régionales de santé. A l'époque, la procédure est beaucoup plus souple : on ne rencontre pas le patient, c'est simplement sur dossier. Et il y a eu, il faut le dire, des certificats de complaisance", explique-t-elle.
"Il y avait en effet par exemple des Algériens qui se présentaient en disant : 'Je souffre d'un traumatisme lié à la guerre de l'Algérie, même si je ne l'ai pas vécu parce que je suis trop jeune directement, et donc je souhaite pouvoir bénéficier de ce titre.'"
Un phénomène certes "exceptionnel", tempère Rachel Binhas, tout en rappelant que désormais la procédure est "plus lourde". Reste que "nous sommes le seul pays au monde à proposer quelque chose d'aussi généreux avec des moyens qui semblent de plus en plus limités, des services dans certaines spécialités qui saturent."