Lors de ses vœux aux Armées, le président de la République Emmanuel Macron a appelé à fournir plus "d'efforts à la mesure de notre rude époque" pour "être puissants dans ce monde si brutal".
La France doit consentir à "des efforts à la mesure de notre rude époque", a jugé jeudi Emmanuel Macron, estimant nécessaire un budget supplémentaire de 36 milliards d'euros pour les armées d'ici à 2030 via une actualisation de la loi de programmation militaire.
"Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort", a déclaré le chef de l'Etat en présentant ses voeux aux armées sur la base aérienne d'Istres (Bouches-du-Rhône). La loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d'euros, doit pouvoir être actualisée et adoptée "d'ici le 14 juillet prochain" selon lui.
Cette hausse doit passer par une actualisation de la loi de programmation militaire. "L'actualisation de la LPM prévoit pour la période 2026-2030 un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros", a annoncé Emmanuel Macron.
Un budget déjà en forte hausse
Le projet de budget 2026, toujours en attente d'adoption, prévoit 57,2 milliards d’euros pour les armées, soit une augmentation de 13%. Cette enveloppe inclut 3,5 milliards d’euros de "surmarche" budgétaire non prévus par la LPM actuelle. Emmanuel Macron avait déjà évoqué, l'été dernier, une nouvelle surmarche de 3 milliards d’euros pour 2027.
Ces 36 milliards d’euros supplémentaires visent à "préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées" et à permettre à la France de faire face, si nécessaire, à "un engagement majeur d’ici 3 à 4 ans", dans un contexte marqué par une Russie perçue comme de plus en plus menaçante pour la sécurité européenne.
Trois priorités stratégiques
Le président a détaillé trois axes majeurs. Le premier concerne l'augmentation des "stocks de munitions de tous types" et le renforcement de la préparation opérationnelle. Le deuxième vise les capacités de souveraineté, notamment le développement d'un système d'alerte avancée reposant sur des satellites et des radars capables de détecter des tirs de missiles à longue portée. Le troisième porte sur la protection des forces, avec le renforcement de la défense sol-air, de la lutte anti-drones, des capacités de frappe dans la profondeur et du nombre de drones.
Dans un contexte de hausse généralisée des budgets militaires en Europe, Emmanuel Macron a de nouveau interpellé les industriels de défense. "Nous avons besoin de produire plus vite, de produire en volume, de massifier encore davantage avec des systèmes plus légers et de façon innovante", a-t-il insisté, mettant en garde contre le risque "de se faire sortir du marché".