L’Assemblée nationale a rejeté ce mercredi 14 janvier deux motions de censure contre le Premier ministre Sébastien Lecornu, déposées pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur.
Dès l'ouverture de la séance, le sort des deux motions de censure déposées sur le Mercosur ne faisait guère de doute. L'hémicycle, très loin d'afficher une forte mobilisation, tranchait nettement avec les grandes heures de tension parlementaire. Le RN n'a rassemblé que 142 voix, LFI 256, bien en dessous du seuil nécessaire de 288 députés.
Une participation limitée qui traduisait l'absence de réel danger pour le gouvernement, privé du soutien de plusieurs groupes, à commencer par les socialistes, qui avaient annoncé ne pas prendre part à l'initiative.
Si l'issue était connue d'avance, la séquence a profondément irrité l'exécutif. Le Premier ministre et les ministres de l'Économie et du Budget ont vu ces motions comme une perturbation inutile, au moment précis où les débats sur le projet de loi de finances venaient de reprendre en séance publique.
Au sein du gouvernement, la méthode est jugée incompréhensible, d’autant plus que le chef de l'État s’est publiquement opposé à l’accord Mercosur. Le choix du calendrier est pointé comme le principal grief, une censure en plein débat budgétaire étant perçue comme un risque institutionnel majeur.
Un bras de fer politique assumé
La journée a surtout mis en lumière l'affrontement entre l'exécutif et les deux groupes parlementaires les plus déterminés à provoquer sa chute. Un objectif assumé par Mathilde Panot, qui a lancé sans détour à Sébastien Lecornu : "Vous tomberez".
Des propos qui ont conduit le Premier ministre à hausser sensiblement le ton à la tribune. Accusant ses adversaires de stratégies opportunistes, il a fustigé des "petits calculs politiciens" et une volonté de bloquer toute recherche de compromis, dans un débat qu'il a décrit comme se déroulant "dans l'indifférence générale".
L'exécutif savait toutefois pouvoir compter sur la position du groupe socialiste, déterminant dans l'équation. Ces derniers estiment que la contestation du Mercosur peut encore s'exprimer efficacement au Parlement européen, sans provoquer une crise gouvernementale immédiate.