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Incendie meurtrier en Suisse : 40 morts et 119 blessés dont 14 Français, l'hypothèse des bougies incandescentes privilégiée

EN DIRECT - Incendie meurtrier en Suisse : huit nouveaux blessés bientôt accueillis en France
L'enquête continue en Suisse après l'incendie meurtrier dans un bar de la station de Crans-Montana durant la soirée du Nouvel An, qui a causé la mort de 40 personnes et fait 119 blessés, dont 14 Français. Les bougies incandescentes placées sur les bouteilles de champagne sont l'hypothèse privilégiée pour expliquer le départ du feu.

Des heures d'angoisse. De nombreuses personnes sont toujours dans l'attente de nouvelles des victimes du terrible incendie ayant touché la station de ski de Crans-Montana en Suisse durant la nuit du Nouvel An. Selon un bilan communiqué vendredi après-midi, 40 personnes sont mortes et 119 ont été blessées.

Les principales informations : 

  • Un incendie s'est produit dans un bar de la station de ski de Crans-Montana, durant la nuit du Nouvel An
  • 40 personnes sont mortes et 119 ont été blessées selon un nouveau bilan
  • 113 personnes blessées ont été identifiées, dont 14 Français
  • Une cinquantaine de blessés transférés ou en passe de l'être vers des centres européens pour grands brûlés
  • Les deux gérants du bar ont été auditionnés
  • "Tout laisse à penser" que le feu est parti des bougies incandescentes mises sur les bouteilles de champagne, selon la procureure
  • Huit Français n'ont pas encore été localisés

"Tout s'est fait dans les normes", assure le propriétaire du bar

Le bar de la station de ski de Crans-Montana, ravagé par un incendie qui a fait 40 morts et 119 blessés lors de la nuit du Nouvel An, avait été contrôlé "trois fois en dix ans" et tout s'est fait dans les normes", a assuré le propriétaire et gérant dans la presse suisse. 

Les deux gérants français du bar ont été auditionnés

Les deux gérants français du bar qui a été ravagé la nuit du nouvel an par un incendie meurtrier dans la station de ski suisse de Crans-Montana ont été auditionnés, a annoncé la procureure du canton du Valais vendredi. Lors d'une conférence de presse à Sion, Béatrice Pilloud a indiqué que plusieurs personnes avaient été entendues et que des constatations ont été faites sur place.

"Dans les auditions qui ont été menées, il y a notamment les deux gérants français et des personnes rescapées", a détaillé Béatrice Pilloud. Des sources concordantes ont indiqué jeudi à l'AFP que les propriétaires du bar sont un couple originaire de Corse. . "Pour l'instant, il n'y a aucune responsabilité pénale qui a été établie". Ces auditions ont permis d'aider à établir des listes de personnes qui étaient présentes lors de la soirée et ont "également permis d'expliquer la configuration intérieure des lieux, les travaux réalisés et la capacité d'accueil", a-t-elle ajouté.

Des médecins militaires français dépêchés en Suisse

Une équipe de médecins militaires français a été dépêchée en Suisse pour une "mission d'évaluation des blessés brûlés en vue de leur évacuation", après l'incendie dans un bar de Crans-Montana qui a fait 119 blessés, dont onze seront soignés en France d'ici vendredi soir, selon le gouvernement. Cette équipe, composée d'un plasticien, d'un anesthésiste et d'une infirmière spécialisée ainsi que d'un médecin des pompiers, doit arriver sur place vendredi en début d'après-midi, a déclaré le ministère des Armées.

"Elle restera plusieurs jours pour soutenir le travail des autorités sanitaires suisses" et participera à l'évaluation des personnes brûlées "en vue de leur évacuation dans les structures compétentes selon l'état des lésions". En France, les services des grands brûlés du Service de santé des armées ont été mis en alerte, notamment dans les hôpitaux militaires de Percy à Clamart, près de Paris, et de Sainte-Anne à Toulon "en coopération étroite avec le ministère de la Santé pour la répartition appropriée sur le court et moyen terme des patients brûlés de Suisse", a ajouté le ministère.

Huit Français n'ont pas encore été localisés

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot précise sur X que huit Français n'ont toujours pas été localisés après l'incendie meurtrier de Crans-Montana. Il affirme que 11 personnes blessées, dont trois de nationalité suisse, ont été accueillies dans des hôpitaux français.

"Nous avons également dépêché sur place une équipe spécialisée dans les pathologies liées aux grandes brûlures, en soutien et à la demande de la Suisse", ajoute Jean-Noël Barrot.

"Tout laisse à penser" que le feu est parti des bougies incandescentes, selon la procureure

Les deux gérants français du bar Le Constellation de Crans-Montana ont été entendus par les enquêteurs, indique la procureure Béatrice Pilloud. Une enquête a été ouverte "pour élucider toutes les circonstances de cet incendie".

"Tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes, qui ont été mises sur les bouteilles de champagne, et le tout a été approché de trop près du plafond", précise la procureure, évoquant "un embrasement très rapide et général" du lieu.

113 blessés ont été identifiés, dont 14 Français

Frédéric Gisler, commandant de la police cantonale du Valais, explique en conférence de presse que parmi les 119 personnes blessées, 113 ont été identifiées dont 14 Français. Le bilan fait toujours état de 40 morts. 36 d'entre elles ont été identifiées. 

Mathias Reynard, le président du Conseil d'Etat du Valais, relate qu'une cinquantaine de blessés ont été ou vont être transférés dans des centres pour grands brûlés européens.

La première victime identifiée

Selon les informations de la Fédération italienne de golf, Emanuele Galeppini est la première victime à avoir été identifiée. "La Fédération italienne de golf pleure la disparition d'Emanuele Galeppini, un jeune athlète qui incarnait la passion et des valeurs authentiques", assure le communiqué de la FIG. 

Par ailleurs, l'ambassadeur d'Italie en Suisse Gian Lorenzo Cornado a assuré auprès de Sky TG24 que 13 ressortissants italiens sont toujours hospitalisés et six sont portés disparus. 

Des proches dans une attente difficile

Cette identification tardive qui intervient seulement maintenant montre toute la difficulté des opérations qui sont menées. C'est un défi médico-légal car l'état des corps est très dégradé et ce processus pourrait donc prendre plusieurs jours. La conséquence, c'est que certains parents n'ont pas de nouvelles de leurs enfants.

D'autres en attendent avec angoisse de leurs amis ou de leurs connaissances. C'est le cas d'Emma, 18 ans, venue de Genève : "C'est des amis d'amis et je vois sur Instagram les stories des gens 'Ah ma petite sœur n'est pas là, si vous la voyez contactez-nous au' et je donne le numéro. C'était choquant, même si nous on est vivants, on est quand même choqués, c'est quand même un traumatisme, même pour nous". 

Laetitia, une maman originaire de Lausanne en Suisse, est toujours sans nouvelles de son fils Arthur, 16 ans. Au bord des larmes, elle continue de s'accrocher à l'espoir de retrouver son enfant vivant : "On nous a donné un chiffre qu'il restait quatre personnes non identifiées, trois hommes et une femme. Les chances se réduisent. J'espère juste que je vais le retrouver", déclare-t-elle. 

"Je continue encore et encore. On est à plus de 40 heures, je n'ai pas retrouvé mon fils. Donc je continuerai les appels, à scruter toutes les vidéos qu'on voit et que je reçois pour savoir si mon fils a réussi à sortir ou pas. Peut-être que Arthur n'est pas en moyen de parler et que du coup une personne va regarder les réseaux sociaux, la télé ou je ne sais quoi et qu'elle va se dire 'Ah mais il est dans mon service lui'. Peut-être qu'il n'est pas recensé. À ce moment-là, j'aurais tout fait pour retrouver mon fils". 

Des premières images montrant la vitesse de propagation des flammes 

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos et photos montrent la propagation des flammes. Alors que plusieurs personnes tiennent des bouteilles de champagne en main, dotées de bougies étincelantes, des flammes apparaissent au plafond. On y voit alors le revêtement phonique prendre feu rapidement. Sur d'autres vidéos, plusieurs jeunes filment le départ du feu, ne se rendant pas comptent du danger. Certains continuent de chanter, tandis que les flammes se propagent rapidement. 

 

"Le feu d'artifice est passé trop proche du plafond, qui est d'ailleurs fabriqué d'une mousse isolante, donc ça a pris très rapidement feu", raconte Ferdinand, 19 ans, un jeune Parisien présent sur place. "J'ai essayé d'aller chercher de l'eau dans un mini-frigo. Le temps que j'arrive, le feu s'était déjà propagé sur le plafond. À ce moment-là, je suppose que quelqu'un a ouvert la porte d'entrée, ce qui a créé un énorme appel d'air dans tout le bar, et j'ai senti une boule de feu passer au-dessus de ma tête. Je n'arrivais plus à respirer parce que le feu aspirait tout l'air". 

Il y a visiblement un manquement, estime Éric, un habitant de Crans-Montana qui connaît bien ce bar : "Il y a certainement une responsabilité des propriétaires qui ont refait apparemment tout l'intérieur, il y a deux ans et qui ont mis des matériaux qui n'étaient pas ignifugés. C'est impensable ce qu'il s'est passé. Je ne crois pas qu'il y avait une sortie de secours. Il n'y a qu'un escalier que je connais, assez large, mais bon, peut-être pas pour 300 personnes". 

Huit nouveaux patients bientôt accueillis en France

Pascal Confavreux, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a confirmé auprès de BFMTV que le bilan est toujours à neuf blessés Français, actuellement pris en charge, et huit ressortissants français "dont nous sommes sans nouvelles". Il a ensuite précisé que la France va accueillir huit patients supplémentaires, en plus des trois déjà accueillis. Ces derniers ont été redirigé à Lyon pour deux d'entre eux et à Paris. Il s'agit de deux ressortissants français et d'un suisse. L'accueil des huit blessés supplémentaires "est en préparation", a souligné le quai d'Orsay. 

Stéphane Ganzer, chef de la sécurité du canton de Valais, a assuré au micro de RTL qu'entre "80 et 100" des 115 blessés sont très certainement en "urgence absolue". "Le bilan est évolutif", a-t-il expliqué, en n'excluant pas qu'il puisse "s'aggraver". Il a souligné qu'une majorité des blessés qui se trouvent à l'hôpital ne sont, à ce stade, pas identifiés.

L'identité des propriétaires du bar établie

Selon le registre du commerce du canton du Valais et plusieurs sources concordantes auprès de Corse-Matin, les propriétaires de l'établissement sinistré à Crans-Montana seraient Jacques et Jessica Moretti. "Cette dernière ferait partie des blessés. La propriétaire des lieux était dans le bar hier soir (jeudi) lorsque l'accident a eu lieu. Elle a été brûlée au bras. Son conjoint, lui, se trouvait dans un des deux autres établissements durant la soirée", assure BFMTV.

Le pape Léon XIV fait part de "sa compassion et sa sollicitude" aux proches des victimes

Le pape a exprimé "sa compassion et sa sollicitude" aux proches des victimes de ce terrible incendie.

"Il désire manifester aux proches des victimes sa compassion et sa sollicitude. Il prie le Seigneur d'accueillir les défunts dans sa demeure de paix et de lumière, et de soutenir le courage de ceux qui souffrent dans leur cœur ou dans leur corps", selon un message envoyé par le secrétaire d'Etat du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, à l'évêque de Sion en Suisse, Jean‑Marie Lovey.