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Jugée pour avoir tenté d'empoisonner une famille juive, une nourrice condamnée à deux ans et demi de prison

Tribunal judiciaire de Nanterre.
Une nourrice de nationalité algérienne, et visée par une OQTF, a été condamnée jeudi à deux ans et demi de prison ferme pour avoir tenté d'empoisonner en janvier 2024 les membres d'une famille de confession juive, à Levallois-Perret. Le tribunal correctionnel a toutefois écarté la circonstance aggravante d'antisémitisme.

Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné jeudi une nourrice de nationalité algérienne, sous le coup d'une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), à deux ans et demi de prison ferme pour avoir tenté d'empoisonner en janvier 2024 les enfants qu'elle gardait, ainsi que les parents, tous de confession juive.

Pas de circonstance aggravante d'antisémitisme

La circonstance aggravante d'antisémitisme a toutefois été écartée. "L'élément fondamental sur lequel se fonde le tribunal, c'est la gravité des faits, non pas dans leurs conséquences mais dans les modalités de leur réalisation", a expliqué le président du tribunal. Selon lui, il s'agissait d'une "trahison majeure de la confiance" accordée par les parents.

Le tribunal a estimé que les propos incriminés de la nourrice ayant été tenus plusieurs semaines après la commission des faits et ayant été retranscrits par un officier de police judiciaire sans la présence d'un avocat, il était impossible de condamner la prévenue pour antisémitisme.

La prévenue avait nié les faits

Le parquet avait requis une peine de trois ans de prison en retenant la circonstance aggravante d'antisémitisme. Il avait également demandé une interdiction du territoire français de 10 ans à l'encontre de la nourrice. Cette Algérienne de 42 ans avait reconnu avoir versé des produits de nettoyage dans des bouteilles d'alcool, après avoir nié les faits dans un premier temps au tribunal.

C'est en débouchant une bouteille de vin que les parents des enfants ont remarqué des odeurs étranges, dont celles de parfum de produits ménagers. Ils ont eu la stupeur de rapidement s'apercevoir que d'autres boissons étaient également empoisonnées. Le jus de raisin avait un aspect mousseux et les pâtes étaient humidifiées, comme si elles avaient été trempées dans un liquide indigeste. Ils ont tout de suite suspecté la nourrice, alors qu'ils ne savaient pas qu'elle était sous OQTF.

Lors des auditions devant les enquêteurs, la suspecte avait tenu des préjugés antisémites, mais elle avait assuré que son geste n'avait rien à voir avec la religion. Elle avait déclaré vouloir donner une leçon à leurs employeurs qui refusaient de l'augmenter.